Un député LFI demande au gouvernement de "dénazifier l'espace public"

Hadrien Clouet à l'Assemblée nationale le  3 octobre 2022  - Ludovic MARIN / AFP
Hadrien Clouet à l'Assemblée nationale le 3 octobre 2022 - Ludovic MARIN / AFP

L'insoumis Hadrien Clouet a écrit une question au ministère de la Culture dans le Journal officiel, concernant "l'urgence de débaptiser les rues rendant hommage à des nazis et des collaborateurs français".

"Dénazification de l'espace public". C'est l'intitulé évocateur d'une question posée par le député insoumis de Haute-Garonne, Hadrien Clouet, au ministère de la Culture et publiée dans le Journal officiel le 29 novembre dernier. L'élu souhaite alerter la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, sur "l'urgence de débaptiser les rues rendant hommage à des nazis et des collaborateurs français".

Le député cite de "nombreux" patronymes ornant les rues de l'hexagone, comme les noms d'Alexis Carrel, "hitlérien (...) qui appelait à l'extermination par le gaz des populations jugées 'inférieures'" à Perpignan, Avignon ou Clermont-Ferrand, ou celui de Paul Morand, "écrivain antisémite acharné (...) que l'on retrouve dans les rues de Niort, Limoges ou Le-Péage-de-Roussillon".

Des "intitulés infâmes qui abîment le pays"

"Aujourd'hui encore, des partisans du régime de Vichy, adeptes de thèses et de théories nazies, eugénistes, racialistes et antisémites, donnent leur nom à des espaces publics", déplore l'insoumis. "Les enfants grandissent avec leur patronyme sur une plaque de rue, les expéditeurs de courrier rappellent leur souvenir sous forme d'adresse postale, les touristes s'y réfèrent pour s'orienter", poursuit-il.

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Et de conclure : "Bref, leur existence demeure, non pas sous une force proscrite dédiée à l'éducation civique, mais sous une forme positive apparentée à un hommage continu et discret".

Selon lui, ces situations n'existent pas du fait des "équipes municipales", car elles ne sont pas responsables de "décisions vieilles de plusieurs décennies" et ne "disposent pas des moyens financiers autorisant une investigation historique des intitulés urbains".

Il formule deux questions à l'adresse de Rima Abdul-Malak : "Compte-t-elle dresser un inventaire de nazis et de collaborateurs reconnus par la Nation dans ses rues, afin d'informer les communes concernées ? Envisage-t-elle de fournir aux équipes municipales un encouragement et un soutien technique dans le but de rebaptiser ces intitulés infâmes qui abîment le pays ?" La ministre dispose désormais de deux mois pour répondre au député.

Article original publié sur BFMTV.com

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