Le député ex-LREM El Guerrab condamné à un an de prison ferme après une agression à coups de casque

La victime, le responsable socialiste Boris Faure, a salué sur Twitter cette condamnation de "la violence en politique" par la justice.

POLITIQUE - Le député ex-LREM M’jid El Guerrab a été condamné jeudi 12 mai à Paris à trois ans de prison dont un ferme et à deux ans d’inéligibilité pour l’agression à coups de casque de l’ancien responsable socialiste Boris Faure en 2017. La peine d’emprisonnement sera aménagée en détention à domicile avec un bracelet électronique, a précisé le tribunal judiciaire de Paris.

Le député de 39 ans devra par ailleurs payer 2.520 euros pour une expertise médicale qui évaluera les séquelles subies par Boris Faure après son traumatisme crânien et consigner une provision de 15.000 euros pour les dommages et intérêts, dont le montant définitif sera fixé ultérieurement.

Dans ses réquisitions, le 7 avril dernier, la procureure avait réclamé trois ans de prison dont un ferme, “aménagé” - par exemple avec un bracelet électronique -, et trois ans d’inéligibilité pour “deux coups de casque” de scooter “d’une extrême violence, coup sur coup et en armant son bras”.

M’jid El Guerrab était poursuivi pour avoir “volontairement commis des violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours” avec “une arme par destination”.

Des sanctions suspendues à l’appel

“La justice a sanctionné sans trembler la violence en politique. Les citoyens, aux législatives, doivent maintenant sanctionner les indignes. Partout et sans délai”, a réagi Boris Faure sur Twitter. Ce dernier appelle les électeurs à “sanctionner” ce type de comportement lors des prochaines élections législatives, les 12 et 19 juin prochains.

Toutefois, le jugement n’est pas assorti d’une exécution immédiate. Il sera suspendu le temps que l’affaire soit examinée en appel. Dans la foulée de cette décision, M’jid El Guerrab a justement annoncé via son avocat Me Antoine Vey “interjeter appel de cette décision, parce qu’il estime que (...) l’inéligibilité qui lui a été infligée n’est pas justifiée, puisque ce sont des faits qui sont intervenus dans un cadre privé, qui n’ont pas grand chose à voir avec son mandat politique”.

“Les faits ont eu lieu dans un contexte politique”, a au contraire jugé Me Patrick Klugman, avocat de Boris Faure, disant sa “satisfaction” de la décision rendue et que fait que “les tentatives répétées et désespérées deM’jid El Guerrab d’être jugé après l’échéance des législatives (aient) échoué”. Il a ajouté que son client serait “attentif” à une éventuelle investiture d’un parti à “cet homme qui donne le sentiment de naviguer au-dessus des lois”.

Des excuses qualifiées de “tartufferie”

Début avril, M’jid El Guerrab avait assuré durant son procès que son geste restait “incompréhensible pour [lui]”, tandis que son ancien camarade a qualifié ses excuses de “tartufferie”.

“Je suis sorti de mes gonds, j’ai perdu toute forme de raison”, “je ne sais pas l’expliquer”, avait déclaré à plusieurs reprises le député aujourd’hui âgé de 38 ans, tout en prétendant avoir réagi à un geste agressif de Boris Faure.

“J’estime avoir été victime d’une deuxième agression, avoir été diffamé. Mettre sur le même plan l’agresseur et l’agressé, je trouve ça insupportable”, avait répliqué le socialiste.

Les faits remontent au mois d’août 2017. Celui qui est alors premier secrétaire PS de la Fédération des Français de l’étranger croise dans la rue le nouveau député LREM des Français de l’étranger, à proximité du domicile de ce dernier dans le Ve arrondissement de Paris.

“Je traverse pour le féliciter”, avait raconté à l’audience Boris Faure, assurant que la rencontre était fortuite. Mais M’jid El Guerrab avait rétorqué y voir une forme de “harcèlement” de cette présence “en bas de chez (lui)”, alors qu’un contentieux les oppose depuis son départ du PS fin 2016 pour le mouvement d’Emmanuel Macron, avec, selon lui, des “menaces de mort” de la part de Boris Faure. Mensonges, selon ce dernier, qui évoque seulement un “combat politique”.

M’jid El Guerrab avait affirmé s’être énervé quand le socialiste aurait insinué qu’il devait son élection sur la circonscription des Français du Maghreb et d’Afrique de l’ouest à ses relations avec le pouvoir marocain et le taxe de “communautariste”.

Pronostic vital engagé

Alors que le ton monte, “j’ai eu un geste d’apaisement. (...) je pose ma main sur son avant-bras”, raconte Boris Faure. “Il m’a attrapé la main, a serré comme ça, m’a fait mal”, avait au contraire mimé M’jid El Guerrab, expliquant avoir voulu se “dégager de cette emprise”.

Les images filmées par deux caméras de vidéosurveillance, qui ont été diffusées à la demande de la défense, sont peu éclairantes: la scène est masquée par un panneau de signalisation et par la porte vitrée d’un café. On voit néanmoins que M’jid El Guerrab “voulait retourner au contact et a dû être empêché par les témoins sur place”, avait observé la procureure.

Atteint d’un traumatisme crânien et d’une hémorragie cérébrale, Boris Faure avait été opéré en urgence et avait passé trois jours en réanimation, avant d’être hospitalisé à nouveau quelques jours plus tard. Son pronostic vital avait été un temps engagé.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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