Le député européen Mounir Satouri : « Face aux crises : vers un bouclier salarial européen »

Voici sa tribune : “Je vais vous dire, de là où je viens, c'est-à-dire du peuple, quand on peut prendre, on prend.” Cette phrase du personnage de fiction Philippe Rickwaert dans la série Baron noir, résume bien le regard que l’on doit avoir sur la directive européenne sur un salaire minimum qui devrait être adoptée au Parlement européen le 14 septembre prochain. Elle ne mérite ni excès d’honneur, ni indignité. Mais elle constitue un précédent inédit et décisif dans un domaine vital pour les travailleuses et travailleurs européens : leur salaire.

Disons-le d’emblée, l’Union européenne a un problème avec les politiques sociales. Pour deux raisons principales. La première est que depuis son origine et la promesse de “paix et de prospérité”, l’Union considère que sa contribution au bien social commun est de favoriser un marché intérieur dynamique ainsi que des valeurs en matière de droits humains.

Pour ce qui est des questions de politiques sociales à proprement parler, cela ne fait pas partie de ses “compétences” originelles.

Il faut dire, et c’est la seconde raison, que les États qui composent l’Union ont des approches très différentes du dialogue social, avec des cultures de l’intervention de l’État très différentes également. Entre les pays où “l’État providence” s’articule avec une puissante démocratie sociale et des syndicats qui négocient directement les salaires avec le patronat, et des pays où le salaire minimum passe par la loi, en passant par les ex pays soviétiques où...


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