Le déplacement controversé du chancelier allemand en Chine

Le chancelier allemand se rend cette semaine en Chine. Mais ce déplacement d'Olaf Scholz à Pékin est décrié car cette visite intervient à un moment où l'Union européenne cherche à réduire sa dépendance à l'égard de certains pays, dont la Chine décrite par les 27 comme à la fois un partenaire et un rival systémique.

Certains parlementaires nationaux en Europe s'interrogent sur le calendrier de ce déplacement.

"Si l'Ukraine nous a appris quelque chose c'est que nous sommes plus forts lorsque nous agissons en Européen, lorsque nous sommes unis, lorsque les 27 parlent ensemble d'une même voix. Et cela ne va pas se produire si Olaf Scholz se déplace de son côté pour représenter son pays", regrette le député belge Samuel Cogolati.

La Commission européenne demande aux Etats membres de ne pas faire preuve de naïveté à propos des investissements chinois dans les infrastructures critiques en Europe. L'avertissement semble directement adressé au chancelier allemand. Berlin a donné son autorisation à Pékin d'acheter des parts du port de Hambourg, l'une des principales portes d'entrée commerciale sur le continent.

L'Allemagne dit vouloir chercher à renforcer les relations entre l'UE et Pékin. Mais certains voient dans le déplacement d'Olaf Scholz la volonté de défendre les intérêts allemands.

"Tout le monde dit que c'est le moment pour réduire la dépendance à l'égard de la Chine. Il faut au moins éviter de devenir plus dépendant", juge Andrew Small, chercheur au German Marshall Fund.

Selon lui, cette controverse autour d’Olaf Scholz est alimentée par le manque de clarté concernant les objectifs de cette visite.

Le président chinois a été récemment réélu pour un troisième mandat et s'ouvre ainsi la voie pour se maintenir à vie à la tête du pays. Olaf Scholz devra tenir compte de cette nouvelle situation politique lors de ses échanges avec Xi Jinping.

A cela s'ajoute les tensions entre l'Union européenne et les autorités chinoises. Les ambitions de la Chine sur Taïwan et la position ambiguë de Pékin à propos de la guerre en Ukraine soulèvent de profondes interrogations.