Dépakine : un enfant handicapé va toucher 1,3 million d’euros

Elsa Mari et Florence Méréo
1 655 dossiers d’« enfants Dépakine » sont en cours d’évaluation par des experts de l’Oniam, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux

Handicapé à cause de cet antiépileptique pris par sa mère pendant sa grossesse, ce garçon de 20 ans est l’un des premiers à être indemnisés. Mais toutes les victimes ne toucheront pas cette somme.


« Maman, je veux qu’ils payent ». Ce cri du cœur lancé par son fils, Hugo*, a convaincu Isabelle* de se battre jusqu’au bout. C’était en septembre 2016. Et ce jour est arrivé. Ce garçon de 20 ans, abîmé par la Dépakine, l’antiépileptique vital pris par sa mère durant sa grossesse, va toucher 1 326 721 euros.

Ce montant, que nous révélons, est l’un des premiers versés par le fonds mis en place par l’Etat, il y a deux ans, pour indemniser les victimes du médicament fabriqué par Sanofi. Malformation cardiaque, autisme, dépendance… les troubles du jeune homme ont été reconnus. Mais tous les autres « enfants Dépakine » – entre 15 300 et 30 600 bébés y ont officiellement été exposés à dans le ventre de leur mère – n’ont pas cette chance et certains se voient proposer des sommes dérisoires.


LIRE AUSSI > Antiépileptiques : il n’y a pas que la Dépakine qui présente un danger

1 655 dossiers sont en cours d’évaluation par des experts de l’Oniam (Office national d’indemnisation des accidents médicaux). « Bien sûr, c’est une belle somme d’argent. Un soulagement pécuniaire. Mais ça n’enlèvera pas son handicap. L’autisme, on n’en guérit jamais. Personne ne m’avait dit que la Dépakine était risquée, réagit Isabelle, hantée par l’avenir de son fils fragile. Au moins, quand je ne serai plus là, son futur sera assuré. » Un dédommagement qui vient rafistoler une vie de galère. Problèmes de santé, petits salaires, difficultés amoureuses. « Il ne pourra sûrement pas avoir d’enfant », craint sa maman avec qui il vit dans le Sud de la France.

Leur descente aux enfers a commencé après la naissance d’Hugo. Étonnamment calme, le petit brun, incapable de fixer le regard, n’arrive pas non plus à courir avec les enfants de son âge. À deux ans, il est opéré du cœur, à trois, diagnostiqué autiste. Un (...)

Lire la suite sur LeParisien.fr

Lutte contre l’homophobie : Antoine Griezmann en Une du magazine Têtu
Affaire Vincent Lambert : la cour d'appel de Paris ordonne la reprise des traitements
Vincent Lambert : son ex-médecin défend «la raison» et l’arrêt des soins
Pics de pollution : vers des restrictions de circulation automatiques
Affaire Vincent Lambert : les tensions loin de s’apaiser