"Déni", "cirque", "brutalisation": l'opposition critique la lettre d'Emmanuel Macron aux Français

Alors que les tractations se poursuivent entre les différentes forces politiques à l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron a estimé ce mercredi 10 juillet que "personne" n'a remporté les élections législatives.

En conséquence, le président de la République a demandé, dans une lettre aux Français publiée dans la presse régionale, aux "forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines" de "bâtir une majorité solide" et "nécessairement plurielle".

Des propos qui ne passent pas de part et d'autre de l'échiquier politique. Que ce soit du côté du Nouveau Front populaire, qui a obtenu le plus grand nombre de députés et qui réclame le droit de gouverner, ou du côté du Rassemblement national, surpris par son arrivée en troisième position.

• Mélenchon lui demande de "s'incliner" face aux résultats

Emmanuel Macron "refuse de reconnaître le résultat des urnes" et doit donc "s'incliner" et "appeler" le Nouveau Front populaire, a dénoncé Jean-Luc Mélenchon sur X.

"Le président refuse de reconnaître le résultat des urnes qui a placé le Nouveau Front populaire en tête des votes et des sièges à l'Assemblée", a-t-il accusé.

"C'est le retour du droit de veto royal sur le suffrage universel (...) C'est le retour des intrigues de la IVe République", a-t-il ajouté.

Des élus insoumis ont également réagi. Manon Aubry a jugé que le chef de l'État "persiste dans le déni", "refuse sa défaite" l'accusant de faire "un coup de force démocratique". Le député des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, a dénoncé "des vautours" d'un "système politique pourri" qui "veulent voler (leur) victoire". Quand le député de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, a appelé Emmanuel Macron à “respecter le suffrage universel”.

Le député insoumis a souligné sur France info que "des forces ont perdu", dont celle d’Emmanuel Macron. Il "doit rendre service à ce pays en arrêtant de biaiser pour essayer de garder le pouvoir aux siens", a-t-il estimé.

Clémence Guetté a quant à elle jugé qu'Emmanuel Macron n'est "pas à la hauteur de l'Histoire". "Plus seul que jamais, Emmanuel Macron brutalise. Il avait jeté la France dans les bras de l'extrême droite, nous l’avons évité. Maintenant, le Nouveau Front populaire doit gouverner", a-t-elle écrit sur X.

"Le président doit accepter la démocratie", a continué la députée du Val-de-Marne.

• Tondelier dénonce un "déni" qui "abîme le pays et la démocratie"

“Ça fait 7 ans qu’on nous sert le ‘en même temps’ à toutes les sauces. Mais on ne peut pas perdre et gagner en même temps. Il faut accepter le verdict des urnes du 1er et du 2nd tour de l’élection”, a écrit la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier sur X en réaction à la lettre adressée aux Français par le président.

"Son déni abîme le pays et la démocratie", a-t-elle ajouté estimant que "la logique institutionnelle lui dicte d’appeler les chefs de parti du Nouveau Front populaire pour demander de lui proposer le nom d’un Premier ministre et un gouvernement”.

• François Ruffin rappelle qu’Emmanuel Macron “aussi” en 2022 a été “élu pour faire barrage”

L'ex-insoumis François Ruffin a de son côté rappelé qu’Emmanuel Macron “aussi” en 2022 a été “élu pour faire barrage”. "Emmanuel Macron aussi, en 2022, 'ne l'a pas emporté'", “il a été élu pour faire barrage”, se remémore le député de la Somme François Ruffin, qui a rompu avec La France insoumise.

"Cela ne l'a pas empêché de faire la retraite à 64 ans, de brutaliser les citoyens et les institutions", énumère-t-il avant de souligner que "cette manière de gouverner, avec arrogance et toute puissance, personne à gauche ne souhaite la reproduire".

Clémentine Autain, qui a aussi quitté La France insoumise, a dénoncé la "brutalisation comme mode de gouvernance" parlant d'une lettre du président "hallucinante".

"Ce n'est pas comme cela que nos institutions fonctionnent", a-t-elle déclaré sur X.

• Pour Fabien Roussel, le chef de l'État ne "respecte pas le suffrage"

Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a déploré au micro de TF1 que le chef de l'État ne "respecte pas le suffrage".

Tout en concédant une majorité relative qu'il faut accepter avec "humilité" de la part du Nouveau Front populaire, il a demandé à Emmanuel Macron d'"arrêter d'éviter les résultats des urnes" pointant une "forme de déni".

"Je pense que les Français ont déjà répondu à sa lettre, ils ont même fait un accusé de réception, ils ont voté", a-t-il continué. "Il faut qu'il arrête de repousser le moment où on va devoir changer de politique."

• Marine Le Pen dénonce un "cirque indigne"

"Si je comprends bien, dans sa lettre, Emmanuel Macron propose de faire barrage à LFI qu’il a contribué à faire élire il y a trois jours et grâce à qui les députés Renaissance ont été élus, il y a également trois jours… Ce cirque devient indigne", a écrit Marine Le Pen sur X.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella a quant à lui accusé le président d'"organiser la paralysie du pays". Et ce, "en positionnant l’extrême gauche aux portes du pouvoir, après d'indignes arrangements".

"Son message est désormais: débrouillez-vous. Irresponsable!", s'est-il indigné.

Article original publié sur BFMTV.com