Démocratie. La Suisse s’interroge aussi : “Doit-on pouvoir filmer la police ?”

Le Temps (Lausanne)
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Comme la France, où la loi sur la sécurité globale veut restreindre le droit de filmer les policiers, la Suisse se penche sur la question à “l’époque du tout à l’image”. Mais sans envisager les mêmes réponses répressives, explique Le Temps.

Un jeune homme plaqué au sol par trois policiers, maintenu à terre et menotté. Des esprits qui s’échauffent autour de l’intervention de policiers lausannois pour mettre fin à une fête sauvage, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, aux abords du palais de Beaulieu [à Lausanne, en Suisse].

“On va tout filmer, frérot, t’inquiète pas”, entend-on sur une vidéo qui sera ensuite postée sur Internet. Relayée par le site du journal 20 minutes, elle fait le buzz, vue près de 100 000 fois. Violence injustifiée des forces de l’ordre ou arrestation légitime d’un individu récalcitrant ? Le débat a enflammé les réseaux sociaux durant plusieurs jours.

“Dans cette époque du tout à l’image, être filmé durant une intervention est aujourd’hui devenu une réalité”, constate Emmanuel Fivaz, vice-président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP), qui n’y voit pas de problème :

Par leur uniforme, les forces de l’ordre ont pour vocation à être visibles.”

L’avis est partagé par Pascal Lüthi, le commandant de la police cantonale neuchâteloise : “Dès qu’un policier sort du poste et qu’il arrive dans l’espace public, il doit être conscient qu’il peut être filmé.” Il reconnaît que le fait de se retrouver avec des téléphones portables pointés sur soi peut parfois “provoquer de l’inconfort, voire de la nervosité”, chez certains de ses collaborateurs. Il leur enjoint toujours de demeurer “confiants en leur formation et en leur engagement”.

Pascal Lüthi s’interroge néanmoins sur les répercussions de ces vidéos, visionnées hors contexte et qui peuvent être tronquées :

L’image porte en elle un fort vecteur émotionnel et ne favorise pas la prise de recul. Bien sûr, il peut y avoir des dérapages, et ils doivent être dénoncés avec

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