La démocratie sénégalaise est-elle en train de vaciller ?

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Photo ZOHRA BENSEMRA REUTERS.
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Trois morts, de nombreux blessés et au moins 200 arrestations. C’est le triste bilan de la marche sanglante de ce vendredi [17 juin] dans les rues de Dakar et d’autres villes sénégalaises. Tous les ingrédients étaient en place pour que cette manifestation interdite se transforme en cocotte-minute dont le sifflement ne fait qu’annoncer une explosion sociopolitique d’envergure si les gouvernants et les leaders politiques n’adoptent pas un comportement de gentleman, avant les législatives du 31 juillet.

Or les militants de la coalition de l’opposition, Yewwi Askan Wi [“Libérer le peuple” en langue wolof], qui sont décidés à mettre du sable dans le thiéboudiène [communément appelé “tieb” au Sénégal, il s’agit d’un plat national composé de riz concassé et de poisson] de Macky Sall, ne voudraient pour rien au monde se limiter à cette marche, malgré les pertes en vies humaines et l’incarcération de ses militants et leaders.

Une faille de l’opposition

Le pouvoir de Macky Sall, lui, oublie, ou feint d’oublier, que c’est grâce à la mobilisation de cette même rue qu’il avait, en son temps, réussi à écourter la longévité excessive que l’ancien président Abdoulaye Wade voulait s’octroyer [en 2012, à l’âge de 85 ans, Abdoulaye Wade se présenta pour un troisième mandat présidentiel, ce qui déclencha des manifestations. Il fut finalement battu par Macky Sall]. Mais comme le boucher a peur du couteau, connaissant assez bien sa dangerosité, Macky Sall s’est vite engouffré dans la brèche grossière ouverte par ceux d’en face.

Une faille de l’opposition qui a consisté en l’inscription, sur la liste électorale nationale, de la même personne comme titulaire et suppléante, pour éliminer un candidat au gabarit imposant. En effet, la liste incriminée est celle conduite par le fougueux et très populaire maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko [principal opposant de Macky Sall et candidat malheureux lors du scrutin présidentiel de 2019]. L’opportunité était trop belle et si inattendue que le pouvoir ne pouvait pas ne pas la saisir ! Et c’est tant pis pour une opposition qui ne peut et ne doit s’en prendre qu’à elle-même ! Même si l’erreur est humaine, certaines ne sont pas à commettre, car impardonnables !

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