Démission du responsable de la Santé en Sicile, accusé d'avoir falsifié les chiffres sur l'épidémie

C.Bo.
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La ville de Raguse, en Sicile (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Ludovic Marin - AFP
La ville de Raguse, en Sicile (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Ludovic Marin - AFP

Soupçonné d'avoir falsifié les chiffres sur la pandémie en Sicile, le responsable de la Santé de cette région italienne, qui fait l'objet d'une enquête, a présenté mardi sa démission tout en niant toute faute.

"Je souhaite réaffirmer qu'en Sicile l'épidémie a toujours été suivie avec soin (...) Nous n'avions pas besoin de cacher des contagions ou d'abaisser l'impact épidémiologique, puisque justement nous avons souvent anticipé les décisions de Rome et adopté des mesures plus sévères", a affirmé Ruggero Razza.

C'est sur la base de ces chiffres (nombre de contagions, de morts et de tests...) transmis quotidiennement par les régions que le gouvernement central décide des restrictions devant être mises en vigueur au niveau de chaque région pour endiguer les contagions au Covid-19.

Transmettre de fausses données aurait pu ainsi permettre d'éviter de nouvelles mesures de restrictions.

"Arrangeons un peu les données sur les morts" sur plusieurs jours, aurait déclaré Ruggero Razza à la dirigeante du département régional des activités sanitaires Maria Letizia Di Liberti, selon des écoutes téléphoniques citées par le quotidien Corriere della Sera, qui évoque "un tsunami frappant de plein fouet le gouvernement régional".

Marie Letizia Di Liberti était chargée de transmettre à Rome les chiffres de la pandémie en Sicile.

Le nombre de tests réalisés aurait aussi été gonflé et les informations transmises à l'Institut supérieur de Santé (ISS), chargé de conseiller le gouvernement central sur les mesures de santé publique, falsifiées.

Des décisions probablement faussées

Plusieurs membres du département régional de la Santé, dont Maria Letizia Di Liberti, accusés d'avoir falsifié à plusieurs reprises les données sur la pandémie dans l'île, ont été placés mardi aux arrêts domiciliaires pour faux en association.

Ces données communiquées à l'ISS ont donc probablement faussé les décisions prises par Rome, qui chaque semaine décide quelles régions sont classées en jaune (risque modéré), orange (risque moyen) et rouge (haut risque), avec les restrictions afférentes.

Les téléphones portables de plusieurs intervenants dans cette affaire ont également été saisis.

Le président de la région Sicile Nello Musumeci (droite), dont Ruggero Razza est le dauphin politique, ne serait en revanche pas impliqué.

"La ville de Palerme se constituera partie civile dans cette affaire judiciaire, étant donné que c'est justement sur les données que se sont fondés beaucoup de choix et de mesures administratives ces derniers mois", a annoncé de son côté dans un communiqué le maire de Palerme Leoluca Orlando.

L'essentiel de l'Italie est actuellement soumis à de sévères restrictions pour endiguer les contagions dans le cadre de la troisième vague du Covid-19. La pandémie a jusqu'ici fait plus de 108.000 morts dans le pays, selon le ministère de la Santé.

Article original publié sur BFMTV.com