Démission de l'émissaire des Etats-Unis en Haïti, qui dénonce les expulsions "inhumaines" de migrants

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Le haut diplomate américain Daniel Foote lors d'une audience au Congrès à Washington le 26 mai 2016 (AFP/Drew Angerer)

L'émissaire américain en Haïti Daniel Foote a démissionné, dénonçant les expulsions "inhumaines" par les Etats-Unis de milliers de migrants haïtiens alors que le pays est en proie à l'insécurité grandissante des gangs armés.

"Je ne m'associerai pas à la décision inhumaine et contre-productive des Etats-Unis d'expulser des milliers de réfugiés haïtiens et d'immigrants illégaux en Haïti, un pays où nos fonctionnaires sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger que représentent les gangs armés contrôlant la vie quotidienne", assène Daniel Foote dans sa lettre de démission datée de mercredi et adressée au secrétaire d’Etat Antony Blinken.

"Nous remercions l'émissaire spécial Foote pour son engagement pour le pays et pour le peuple d'Haïti", a réagi le département d'Etat sollicité par l'AFP.

Daniel Foote cherchait à élargir son pouvoir de décision sur la politique des Etats-Unis envers Haïti, et l'administration Biden a décidé qu'il n'était pas approprié de lui donner autant de contrôle, a également réagi un haut responsable sous couvert d'anonymat.

Les Etats-Unis avaient suspendu les expulsions de migrants haïtiens en situation irrégulière après le séisme qui avait ravagé la moitié sud d'Haïti le 14 août, mais le regroupement en quelques jours de plus de 15.000 migrants, dont une majorité d'Haïtiens, sous un pont au Texas, a changé la donne.

Depuis dimanche, les services migratoires américains ont déjà affrété 12 vols pour renvoyer plus de 1.400 personnes dont plusieurs centaines d'enfants, dans la capitale Port-au-Prince et Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays.

Daniel Foote avait été nommé le 22 juillet avec pour objectif de "faciliter la paix et la stabilité" et la tenue d'élections "libres et justes" après l'assassinat du président Jovenel Moïse, tué dans sa résidence privée par un commando armé le 7 juillet.

Les Etats-Unis sont l'une des principales puissances susceptibles d'exercer une influence sur Haïti, pays qu'ils ont occupé militairement pendant 19 ans, de 1915 à 1934. Mais le président Joe Biden a exclu tout envoi de militaires américains, malgré la demande en ce sens du gouvernement haïtien qui souhaitait des troupes pour sécuriser le pays caribéen.

amb/rle

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