"Délicat casting gouvernemental", la chronique d'Anne Roumanoff

Vu de l'intérieur

Je dois donner un nouveau souffle à mon quinquennat, me réinventer. Déjà, il faut que je décide du sort d'Édouard. Le Havre or not Le Havre? Le garder ou le virer? Ce qui m'ennuie, c'est que l'austère à la barbe zébrée est devenu plus populaire que moi. On le perçoit comme solide et mature alors qu'on me voit comme un charmant manipulateur. C'est vrai que je maîtrise tel un habile illusionniste l'art d'enrober la réalité dans un nuage de mots, mais c'est parce que je suis un personnage romanesque, un héros du XIXe siècle.

Et puis c'est bien gentil d'écarter Édouard, mais qui mettre à la place? Bruno Le Maire? Blanc bonnet ou bonnet blanc, à quoi bon changer? Le Drian? Il aurait le grand avantage de ne pas me faire d'ombre, mais il est quand même un peu éteint. En plus, il faut que je trouve des femmes pour respecter la parité, vu que j'évacue Belloubet, que je me sépare de Roxana et que j'écarte ce boulet de Pénicaud. Je garde ma chère Marlène et je vais recaser Sibeth et Castaner ailleurs. Castaner, je ne peux pas le garder à l'Intérieur, il énerve trop les flics. Je vais trouver quelque chose à Sibeth, elle m'a promis de ne plus dire que les masques ne servent à rien.

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J'ajoute une touche de social, un zeste de libéralisme, une femme à la tête d'un grand ministère, un peu d'empathie pour les soignants...

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J'ai convié Sarkozy et Hollande à déjeuner, pas le même jour, ils se détestent. Ça m'a fait du bien de leur parler, il faut avoir été président pour savo...


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