Le Bahreïn et Israël annoncent l'ouverture réciproque d'ambassades

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Deux mois après la signature de l'accord de normalisation des relations entre le Bahreïn et Israël, une délégation officielle du royaume du Golfe s'est rendue mercredi à Tel Aviv, où les deux pays ont annoncé l'ouverture prochaine et réciproque d'ambassades.

Israël et le Bahreïn ouvriront bientôt réciproquement des ambassades, ont annoncé, mercredi 18 novembre, les ministres des Affaires étrangères des deux pays à l'occasion de la première visite d'une délégation bahreïnie à Tel Aviv dans le cadre de la normalisation de leurs relations.

Au cours de cette visite, le ministre des Affaires étrangères du royaume, Abdellatif al-Zayani, a déclaré que son homologue israélien, Gabi Asshkenazi, se rendrait à Manama en décembre.

"J'ai eu le plaisir de transmettre au ministre Asshkenazi la demande officielle du royaume de Bahreïn d'ouvrir une ambassade en Israël et de l'informer que la demande réciproque d'Israël pour une ambassade à Manama a été approuvée. C'est un processus qui, je l'espère, peut maintenant avancer relativement rapidement", a déclaré Abdellatif al-Zayani.

Le chef de la diplomatie israélienne a dit pour sa part espérer que cette ouverture se ferait d'ici la fin de l'année.

La délégation bahreïnie est arrivée à Tel Aviv par un vol commercial de Gulf Air, deux mois après la signature, sous l'égide des États-Unis, de l'accord de normalisation des relations entre le royaume et l'État d'Israël.

Une délégation israélienne avait de son côté été reçue à Bahreïn le 18 octobre, ce qui avait donné lieu à la signature de plusieurs accords de principe couvrant le commerce, les services aériens, les télécommunications, les finances, les banques et l'agriculture.

D'ici la fin de 2020, les citoyens bahreïnis pourront demander en ligne un visa pour se rendre en Israël, a déclaré Gabi Asshkenazi. Des vols directs entre les deux pays seront possibles dans la foulée, a-t-il ajouté.

Le Bahreïn appelle à la reprise des pourparlers de paix israélo-palestiniens

Sur le plan géopolitique, Abdellatif al-Zayani a suggéré que la normalisation en cours des relations entre l'État hébreu et des pays arabes devait aussi inclure une solution "viable" au conflit israélo-palestinien.

"Je suis confiant que cette coopération naissante entre Bahreïn et Israël ouvrira la voie à une paix pour l'ensemble du Moyen-Orient et je continue de souligner dans toutes mes rencontres afin d'atteindre et consolider cette paix [que] le conflit israélo-palestinien doit être résolu", a-t-il déclaré.

"J'appelle donc les deux parties à s'asseoir à la table des négociations afin d'aboutir à une solution viable à deux États", une Palestine indépendante aux côtés d'Israël, a déclaré Abdellatif al-Zayani lors d'un point-presse à Jérusalem avec le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, en visite dans le pays, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Les derniers pourparlers directs entre Palestiniens et Israéliens avaient avorté en 2014. Ces derniers mois, les Israéliens ont proposé de discuter avec les Palestiniens sur la base du plan Trump, qui prévoit non seulement de faire de Jérusalem la capitale d'Israël mais l'annexion près de 30 % de la Cisjordanie par l'État hébreu.

Mais les Palestiniens ont rejeté le plan Trump qu'ils jugent trop favorables à Israël et plutôt proposé de reprendre les négociations là où elles avaient achoppé en 2014, soit sous l'égide du Quartette (ONU, UE, Russie, USA), ou simplement de relancer la coordination sécuritaire avec Israël gelée depuis des mois.

Mardi soir, les Palestiniens ont annoncé la reprise de cette coordination sécuritaire – qu'ils avaient eux-mêmes suspendue en mai pour protester contre les projets d'annexion de pans de la Cisjordanie par Israël – sans pour autant se lancer dans des pourparlers de paix.

Avec AFP et Reuters