Déjà sous tension, les maternités alertent sur le manque de personnel à l'approche de l'été

Les maternités sous tension à cause du manque de personnel
 - Mychele Daniau - AFP
Les maternités sous tension à cause du manque de personnel - Mychele Daniau - AFP

Tous les étages de l'hôpital franco-britannique de Levallois-Perret sont touchés par un manque criant de personnel. En effet, s'il manque quasi quotidiennement des sages-femmes, le problème encore plus palpable au moment de boucler le planning estival.

Sylvie Gomes, coordinatrice sage-femme au sein de l'établissement depuis 12 ans, affirme avec un sourire gêné: "C’est la première fois que je vois ça". Plus que gêné, ce sourire est nerveux tant ce casse-tête, outre l’organisation pour cet été, concerne tous les jours de l'année.

"On a du mal à trouver des candidats"

Ainsi, son service est actuellement amputé de deux pédiatres et de six sages-femmes, soit 15% des effectifs. Et pourtant, Sylvie Gomes pourrait presque s’estimer heureuse. Car en fonction des services, le manque d’effectif varie du simple au double.

"D’abord, on a du mal à trouver des candidats. Ensuite, on constate que les gens ont de moins en moins envie de prendre des postes fixes, d’être titularisés réellement. Ils préfèrent fonctionner en vacation du fait de l’offre énorme qui fait qu’ils ne seront jamais en difficulté pour trouver quelque chose dans leur domaine de compétence", explique Caroline Trochot, chef du service maternité de l’hôpital franco-britannique.

Une prime financière pour attirer les professionnels de santé

Dans une note que BFMTV s’est procurée, l’agence régionale de santé (ARS) Bretagne s’inquiète du déficit aigu de gynécologues obstétriciens cet été et cet automne.

"Le déficit aigu de gynécologues obstétriciens à la maternité, implique un risque de rupture de continuité de cette structure cet été et cet automne", peut-on notamment lire dans le document.

C’est pourquoi l’ARS Bretagne va jusqu’à préconiser une prime pouvant atteindre les 1709 euros bruts pour 24 heures travaillées un dimanche ou jour férié. Une surenchère financière qui, pour Bertrand de Rochambeau, président du syndicat des gynécologues (SYNGOF), est le symbole d’un système à bout de souffle.

"Quand il n’y a pas les personnes qualifiées en nombre suffisant, on expose les femmes à un danger certain. Et d’ajouter: "Il est possible que pour gérer ce manque, les hôpitaux soient contraints de fermer certaines maternités, entraînant le détournement de patientes vers d’autres établissements".

A Bordeaux, pour pallier le manque de personnel, l'hôpital Pellegrin a mis en place un système de régulation des patients après fermeture du service des urgences. Alors à quelques jours de l’été, les professionnels de santé réclament plus de moyens aux autorités sanitaires pour éviter d'en arriver à cette extrémité.

Article original publié sur BFMTV.com

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