Comment le dégoût nous protégerait des infections

Éléonore Solé, Rédactrice scientifique
·1 min de lecture

Nourriture avariée, eau croupie, environnement insalubre... Le dégoût ressenti face à certaines situations nous protégerait des pathogènes. Si cette hypothèse – soutenue par plusieurs études dont celle rapportée il y a deux ans (voir article ci-dessous) – se révèle exacte, les personnes plus sensibles au dégoût doivent être moins exposées à des sources d'infection et donc moins souffrir de maladies infectieuses. Cette conséquence a été testée pour la première fois par des chercheurs américains.

Ils ont collecté des données auprès de 75 personnes appartenant à trois communautés Shuars – un peuple amérindien habitant les forêts amazoniennes. Chacune d'entre elles a déclaré son niveau de dégoût estimé, puis celui-ci a été rapproché de biomarqueurs associés aux réponses immunitaires à une infection virale ou bactérienne. Ces biomarqueurs sont les traces d'une infection passée ayant conduit à une réponse immunitaire de l'organisme. Un taux élevé représente de nombreuses infections, et inversement.

Leurs résultats, publiés dans PNAS, confortent l'hypothèse initiale. « Nous avons constaté que les participants qui présentaient des niveaux plus élevés de dégoût avaient des niveaux inférieurs de [ces] biomarqueurs, ce qui suggère que le dégoût peut être protecteur contre la maladie », souligne Theresa Gildner, anthropologue et coautrice de l'étude, puisque un dégoût globalement plus fort semble lié à moins d'infections.

Ce n'est pas à ce dégoût-là que les chercheurs font référence. © TheVisualsYouNeed, Adobe Stock
Ce n'est pas à ce dégoût-là que les chercheurs font référence. © TheVisualsYouNeed, Adobe Stock

Hygiène de vie

Les communautés sondées vivent dans des conditions socio-économiques différentes. « Les participants vivant dans des zones où l'exposition aux agents pathogènes est courante dans les activités quotidiennes, comme la collecte d'eau ou de nourriture, ne pouvaient pas se permettre d'avoir des niveaux de dégoût élevés », rappelle Theresa Gildner. Tandis que les personnes bénéficiant d'un développement économique plus élevé, et pouvant plus facilement...

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