Un dégel de cette région de l’Antarctique pourrait être bien plus facile à activer que les scientifiques ne le pensaient

Avec le réchauffement climatique anthropique, le niveau de la mer va monter. C’est une certitude. Il a déjà commencé à monter, d’ailleurs. Au rythme d’environ 3 millimètres par an. Un rythme qui a tendance à s’accélérer. À tel point que les chercheurs estiment qu’il pourrait s’élever, dans les trente années à venir, autant qu’au cours de tout le siècle passé.

En cause, trois facteurs clés : la dilatation thermique — qui fait que quand l’eau chauffe, son volume augmente —, la fonte des glaciers et la fonte des calottes polaires. Et c’est sur ce dernier point que des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) apportent quelques précisions. Selon eux, les modèles utilisés jusqu’à présent pour prévoir la montée du niveau des océans dû à la fonte de l’Antarctique négligent un paramètre crucial : celui qu’ils appellent le dégel basal, celui qui se produit à l’interface de la terre et de la calotte glaciaire.

Les simulations construites par ces chercheurs montrent en effet qu’un tel dégel pourrait être bien plus facile à activer que les scientifiques ne le pensaient jusqu’alors. Il pourrait ainsi survenir sur des échelles de temps courts. Et qu’il serait susceptible d’entraîner une perte de masse de glace importante dans des régions que les chercheurs ne jugent généralement pas comme étant les plus instables. Des régions qu’ils n’envisageaient en tout cas pas de voir contribuer à l’élévation du niveau de la mer dans les 100 ans à venir.

Les modèles développés par les chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) montrent que les régions de l’Antarctique baptisées Enderby-Kemp et George V Land — le bassin de Wilkes, notamment — pourraient s’avérer moins stable qu’ils ne le pensaient. © Wikimedia Commons
Les modèles développés par les chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) montrent que les régions de l’Antarctique baptisées Enderby-Kemp et George V Land — le bassin de Wilkes, notamment — pourraient s’avérer moins stable qu’ils ne le pensaient. © Wikimedia Commons

Vers une fonte rapide de l’est de l’Antarctique ?

Contrairement à nombre de leurs collègues, les chercheurs de l’université de Stanford ne se sont pas focalisés sur le glacier Thwaites — rappelez-vous, celui que l’on surnomme le « glacier de la fin du monde »....

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