Défilés du 1er-Mai: les syndicats préparent leur troisième tour dans la rue

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Une semaine après la réélection d'Emmanuel Macron, des défilés du 1er-Mai seront organisés un peu partout en France dimanche. Un appel à manifestation a notamment été lancé par la CGT, UNSA, Solidaires, la FSU et des syndicats étudiants et lycéens pour cette fête du travail qui s'inscrit entre deux rendez-vous électoraux majeurs.

Après un électorat fractionné au premier tour et un duel au second tour qui a laissé de nombreux Français sur leur faim, la manifestation de ce 1er mai « a une importance symbolique assez forte », estime Murielle Guilbert, co-déléguée de l'union syndicale Solidaires. « On sort d'un épisode électoral particulièrement pénible, avec le risque d'une arrivée au pouvoir de l'extrême droite et syndicalement, c'est ce que l’on redoutait particulièrement. Mais il y a aussi l'idée qu'il faut rebattre les cartes car on ne peut pas repartir sur cinq ans de macronisme tel qu'on l'a déjà vécu. »

« Pas un mandat pour de nouvelles régressions sociales »

Pendant que la classe politique a les yeux braqués sur les élections législatives qualifiées de troisième tour par Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux dans la course à l'Élysée, les syndicats préparent donc leur troisième tour dans la rue. « Nous sommes persuadés que le 1er-Mai, c'est la première date de mobilisation entre la présidentielle et les législatives, explique Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT. Cela revêt une importance cruciale pour redire au président de la République que bien sûr, il est réélu, mais qu'il n'a pas le mandat pour de nouvelles régressions sociales. C'est bien sûr très important qu'il y ait beaucoup de monde le 1er mai pour donner un signe de ce que seront les futures mobilisations dans les semaines qui viennent, si Emmanuel Macron décide d'ouvrir les hostilités ».

Réforme des retraites

Dans la ligne de mire des syndicats, il y a la réforme des retraites. Plus question d'une refonte totale du système qui a provoqué des semaines de contestations fin 2019, début 2020. La nouvelle mouture touche tout de même une corde sensible. « Nous allons dire que nous sommes totalement opposés au décalage de l'âge du départ à la retraite à 65 ans », rappelle Catherine Perret, qui souligne que cela n'est pas le seul motif de contestation.

Autre promesse de campagne qui inquiète les syndicats, le conditionnement du RSA, le revenu de solidarité active, à un certain nombre d'heures de travail souhaité par Emmanuel Macron.

Murielle Guilbert dresse par ailleurs une liste à la Prévert des attentes : « sur le pouvoir d'achat, sur la protection sociale, sur l'implantation des services publics partout sur le territoire, sur un hôpital avec un nombre de soignants suffisant ».

Les inquiétudes autour de l'urgence climatique et de la guerre en Ukraine devraient aussi se faire entendre.

Le 1er-Mai de plus en plus boudé

Mais pas sûr malgré tout que ce 1er-Mai attire les foules. La CGT reste optimiste et compte notamment sur une mobilisation de la jeunesse. D'autres syndicats sont plus prudents. D'ailleurs, Dominique Andolfatto, professeur de Sciences politiques à l'Université de Bourgogne et auteur d'Anatomie du syndicalisme, note un moindre intérêt des Français pour la Fête du Travail. « Le 1er-Mai, ce sont de nos jours des manifestations qui ne mobilisent plus beaucoup, pointe-t-il. Il n'y a guère plus que les syndicalistes qui manifestent et pas tous les syndicalistes. Si l'on regarde ce qui s'est passé lors des derniers 1er-Mai, il n'y a guère plus qu’une centaine de milliers de personnes qui manifestent dans toute la France, et ce n'est pas beaucoup. »

Or, la crise sanitaire a compliqué le contact entre syndicats et salariés, et cette année la Fête du Travail tombe en pleines vacances scolaires pour Paris. Cela dit, les manifestations pourraient mobiliser au-delà des syndicats, les déçus de la présidentielle. « Ce 1er-Mai peut être une occasion pour ces électeurs, pour Jean-Luc Mélenchon et son parti, La France insoumise, de se mobiliser. Cela pourrait être une espèce de second round », estime Dominique Andolfatto.

Par ailleurs, sur les réseaux sociaux, quelques comptes attribués à des « gilets jaunes » appellent à manifester.

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