Comment le Défenseur des droits Jacques Toubon, ancien "moine soldat du RPR", est devenu une "divine surprise" pour la gauche ?

Anne Brigaudeau
À 77 ans, l'ancien ministre de la Justice de Jacques Chirac défend les droits des migrants, des mineurs isolés et des populations les plus fragiles. Et il a à nouveau réclamé en janvier "la suspension" de l'usage des lanceurs de balles de défense (LBD) utilisés par les forces de l'ordre lors des manifestations.

Étrange chemin que celui parcouru par Jacques Toubon depuis les années 80. Du temps où le RPR (l'ancêtre du parti Les Républicains) régnait sur la droite, la gauche honnissait ce porte-flingue de Jacques Chirac. Une méfiance qui a persisté au point que des personnalités socialistes ou écologistes ont pétitionné, en 2014, contre la nomination de l'ancien ministre de la Justice au poste de Défenseur des droits.

Renversement marquant, cette même gauche cite désormais, à l'appui de ses revendications, les rapports du Défenseur des droits sur les migrants et les précaires, ou ses rappels à l'ordre sur "la grande dangerosité" des lanceurs de balles de défense, dont Jacques Toubon demande la suspension. Comment l'ancien député godillot s'est-il mué en rempart des droits humains ? Tentative de reconstitution d'une trajectoire singulière.

“Un mousquetaire" à l’Assemblée nationale

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