Les défenses des narvals, un indicateur biologique stupéfiant

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Les narvals, des mammifères marins vivant dans l'Océan Arctique, sont aussi surnommés licornes des mers. Ce surnom provient de la longue défense qu'arborent les mâles. Étudiée par des chercheurs, cette défense récolterait des données permettant de reconstituer l'environnement et le comportement alimentaire de cette espèce.

Une étude publiée dans la revue a montré l'évolution alimentaire des narvals grâce à des informations contenues dans les défenses de dix narvals du nord-ouest du Groenland, entre 1962 et 2010. C'est en mesurant le taux de mercure et certains isotopes du carbone et de l'azote présents dans cette "corne" que les chercheurs ont pu suivre l'évolution de l'environnement et du régime alimentaire de ces cétacés.

Le mercure : entre substance toxique et indicateur alimentaire

Le mercure est un composé volatil produit majoritairement par des activités d'origine humaine, comme les industries métallurgiques, l'exploitation minière ou encore la production d'énergie. Il peut également provenir de la nature. Les éruptions volcaniques en sont un parfait exemple. Ainsi, ce métal lourd - lorsqu'il n'est pas déjà présent dans les océans - est d'abord relâché dans l'atmosphère avant qu'une partie ne se retrouve dans les milieux aquatiques.

Le mercure, en plus d'être extrêmement polluant, est également une substance neurotoxique. Selon le , "le méthylmercure est la forme organique de mercure la plus fréquente dans l'environnement. Certains procédés biologiques comme l'activité bactérienne dans les végétaux et les sédiments au fond des lacs, des rivières et des océans peuvent transformer le mercure élémentaire en méthylmercure, la forme la plus toxique et la plus bioaccumulative. Les niveaux de méthylmercure chez l'animal augmentent en aval de la chaîne alimentaire, du plancton aux poissons de grande taille, aux oiseaux et aux mammifères, y compris les humains ". Ainsi, la quantité de mercure présente dans les défenses de narvals permet, entre autres, d'indiquer que cette licorne des mers se trouve en haut de la chaîne alimentaire océanique. Le narval n'a pas la capacité physiologique d'éliminer le mercure de son organisme, ce qui, d'après cette étude, l'aurait amené à modifier son comportement alimentaire afin probablement de diminuer l'accumulation de ce composé dans son corps via d[...]

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