La “dédiabolisation” opérée par Marine Le Pen n’efface ni le racisme, ni l’islamophobie du RN

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La “dédiabolisation” opérée par Marine Le Pen n’efface ni le racisme, ni l’islamophobie du RN
Gonzalo Fuentes / REUTERS

Le front républicain, qui existe au sein de la classe politique française pour empêcher l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir, semble, cette fois-ci, avoir peu d’emprise sur l’électorat, juge The Hindu. Si Emmanuel Macron ne peut plus compter sur le “cordon sanitaire” pour se maintenir à l’Élysée, c’est parce que Marine Le Pen “a travaillé dur pour rendre son parti […] plus acceptable”, un “défi politique” et un “défi personnel” pour la fille de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, poursuit le quotidien indien anglophone.

Tout au long de sa carrière politique, retrace le titre, elle fut en désaccord avec le penchant de son père pour les prises de parole politiquement outrageuses qui ont empêché la normalisation du parti. “Déterminée à ne pas rester les bras croisés, elle a entamé un projet de ‘dédiabolisation' du Front national dont le but était de le défaire de son image néofasciste pour le présenter comme un parti centré sur le nationalisme économique”, estime le journal de Madras.

Faire avancer l’héritage du père

Le programme de dédiabolisation a commencé à prendre après le retrait de son père, lorsqu’elle a pris la direction du parti en 2011. “Elle a adouci l’hostilité du parti au mariage de personnes de même sexe et à l’avortement, et a cherché à nuancer l’islamophobie du parti en faisant une distinction entre l’idéologie islamiste (mal) et l’Islam en tant que religion (pas mal)”, ironise The Hindu.

En 2015, poursuit le journal indien, elle fait exclure son père Jean-Marie Le Pen du parti après une nouvelle remarque négationniste. Trois ans plus tard, elle change le nom du parti en Rassemblement national. “Il pourrait sembler que la répudiation du père par la fille est totale. Mais pour Mme Le Pen, il s’agissait d’un repli stratégique lui permettant de faire avancer l’héritage de son père, et jusque-là, cela semble fonctionner”, prévient l’auteur de ce portrait.

Conception étroite

Marine Le Pen a peut-être pris ses distances avec l’antisémitisme et le racisme le plus visible du Rassemblement national, mais ce serait une erreur de penser qu’elle a abandonné les politiques antieuropéenne et anti-immigration du parti. Si elle veut étendre les aides de l’État aux classes ouvrières françaises, cette idée repose sur une conception étroite de ce que cela signifie que d’être français. “Par exemple, cela n’inclut pas les personnes qui portent le hijab en public. Elle croit en la discrimination entre les citoyens français et les immigrés en matière d’emploi, de logement social et d’autres prestations sociales, et souhaite à la fois réduire drastiquement le nombre d’immigrés entrant en France et rendre plus difficile l’obtention de la nationalité française par les immigrés.”

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