Découverte extraordinaire au Groenland du plus vieil échantillon d'ADN

Jusqu'à aujourd'hui, le plus vieil échantillon d'ADN retrouvé et séquencé correspondait à celui d'un mammouth, et datait d'il y a environ 1,2 million d'années. Mais de nouveaux échantillons battent ce record de près d'un million d'années, découverts au Groenland et âgés de deux millions d'années ! Ces fragments d'ADN microscopiques ont été découverts dans une formation géologique au nord du Groenland, appelée Kap Kobenhavn. On trouve dans ce désert polaire différents sédiments datant de la dernière période glaciaire, qui a débuté il y a 110 000 ans et s'est achevée il y a 10 000 ans. Et sur ces sédiments qui s'accumulent sur près de 100 mètres d'épaisseur, des chercheurs ont prélevé 41 échantillons d'ADN environnemental cachés dans l'argile et le quartz ! Ils correspondent à différents êtres vivants, allant du lièvre au renne, en passant par des rongeurs, des oies, ou encore des essences d'arbres comme les bouleaux !

Zoom sur la matière organique dans les dépôts côtiers. Les couches organiques montrent des traces de la riche flore végétale et de la faune d'insectes qui vivaient il y a deux millions d'années à Kap Kobenhavn dans le nord du Groenland. © Professeur Svend Funder
Zoom sur la matière organique dans les dépôts côtiers. Les couches organiques montrent des traces de la riche flore végétale et de la faune d'insectes qui vivaient il y a deux millions d'années à Kap Kobenhavn dans le nord du Groenland. © Professeur Svend Funder

Une conservation exceptionnelle de l'ADN, car « ces anciens échantillons ont été retrouvés profondément enfouis dans des sédiments qui s'étaient accumulés pendant plus de 20 000 ans. Le sédiment a été préservé dans la glace ou le pergélisol et, surtout, n'a pas été dérangé par l'homme pendant deux millions d'années », explique le premier auteur d'une étude publiée dans la revue Nature Kurt H. Kjær, paléontologue à l'université de Copenhague. En effet, « l'ADN survit généralement mieux dans des conditions froides et sèches telles que celles qui ont prévalu pendant la majeure partie de la période depuis que le matériau a été déposé à Kap Kobenhavn », a ajouté le généticien Eske Willerslev, coauteur de l'étude.

De quoi donner de l'espoir pour de futures trouvailles, là où le climat n'était pas...

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