Découverte : le blé et le riz communiquent pour améliorer leur résistance aux maladies

Une équipe franco-chinoise vient de démontrer que deux variétés de blé ou de riz peuvent instaurer une sorte de dialogue entre voisines qui améliore leur résistance aux maladies. Une découverte qui ouvre d’immenses perspectives.

Les agriculteurs n’ont pas la berlue. Leurs observations empiriques ont bien une réalité. En mélangeant des variétés de blé plutôt que d’en semer une seule, la culture est plus résistante aux maladies. Si bien que sans le dire, la pratique du mélange de variétés, pourtant déconseillée voire prohibée par l’agro-industrie, se répand dans les campagnes. Les chercheurs aussi ont pu constater ce phénomène. Mais il est complexe à élucider. Comment en effet comprendre ce qui se passe à l’intérieur d’un champ de blé ? Les résultats de l’étude menée au laboratoire par des chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement (Inrae), de l’Institut agro Montpellier, du Cirad, du CNRS et de l’université agricole du Yunnan (Chine) publiés dans Plos Biology lève un premier voile.

Le blé, comme le riz, a des relations sociales !

Le blé, comme le riz, a des relations sociales ! "Un pied de blé ou de riz a en quelque sorte connaissance que le pied voisin n’est pas lui-même, ce qui en retour implique une prise de "conscience de soi", s’émerveille Jean-Benoît Morel, chercheur à l’institut de santé des plantes de Montpellier et l’un des auteurs de l’étude. Et cela n’existe pas quand votre voisin est un clone de vous". Vertigineux !

Pour mettre en évidence cette faculté, les chercheurs ont étudié en laboratoire plus de 200 appariements de deux pieds d’une même variété de blé (des clones donc) et de deux variétés différentes. La même manipulation a été menée sur du riz. Puis, ils ont inoculé des champignons pathogènes à l’un des individus de chaque paire. Ils ont ensuite comparé la résistance dans ces paires. "Nous avons ainsi constaté que certaines associations de riz ou de blé réduisaient de 90% la sensibilité à la maladie de la plante infectée, poursuit Jean-Benoît Morel. C’est-à-dire que ce voisinage entre individus de même espèce mais différents (comme vous et moi) est aussi efficace pour combattre la maladie que certains gènes de résistance que la pl[...]

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