Des décorations et illuminations de Noël sans gaspi ? Le défi de ces mairies

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ENVIRONNEMENT - Guirlandes lumineuses, sapins majestueux et chalets enneigés… Chaque année les municipalités en font toujours plus pour décorer leurs villes et réveiller l’esprit des fêtes de fin d’année. Mais ces décorations ont un coût pour l’environnement. Couper un sapin centenaire est une aberration écologique, quand laisser des guirlandes allumées pendant des heures consomme de l’énergie, et génère de la pollution lumineuse.

Alors quoi ? On arrête tout, on ne décore plus ? Pas forcément. De plus en plus de villes font preuve d’imagination, et troquent leurs décorations habituelles pour des alternatives éco-responsables. Voilà donc à quoi peut ressembler un Noël plus respectueux de l’environnement. Un programme moins traditionnel, mais toujours aussi magique ?

Grande roue photovoltaïque et boules phosphorescentes

Le marché de Noël de Colmar est l’un des plus traditionnels de France. Pourtant cette année une attraction particulièrement innovante étincelle place de la Montagne-Verte. « Il s’agit de la première grande roue de France munie de panneaux solaires » déclare fièrement Éric Straumann (LR), maire de la ville. Chacune des 24 nacelles dispose de son propre panneau photovoltaïque, qui permet d’alimenter en lumière l’ensemble de l’installation.

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Autre idée originale pour illuminer sans consommer de l’électricité : des décorations phosphorescentes. Dans le Maine-et-Loire, la commune de Lion-d’Angers n’installe pas d’illuminations cette année, pourtant la ville brillera bien à la tombée de la nuit... La mairie a organisé une collecte des anciennes boules et guirlandes des habitants, pour leur donner une seconde vie. Les décorations ont ensuite été bombées à la peinture phosphorescente et sont désormais installées dans la rue principale du centre-ville.

La ville de Bordeaux s’attaque de son côté à la question des sapins de Noël. En plein milieu de son centre commercial trône cette année un sapin de 10 mètres de haut, pas comme les autres. L’arbre ne vient pas d’une forêt mais d’une usine locale, où il a été fabriqué à partir de 3 000 bouteilles en plastique usagées. Pour que la magie opère, il faut monter sur l’un des deux vélos reliés à l’installation : à chaque coup de pédale, les 200 mètres de guirlande s’illuminent.

Les sapins recyclés ne font pour autant pas l’unanimité du côté des Bordelais. Depuis deux ans maintenant, un sapin de verre et d’acier recyclé est installé à la place du traditionnel arbre de Noël sur la place de l’hôtel de ville. 78 % des Bordelais déclarent ne pas aimer ce sapin écolo, selon un sondage publié par Sud Ouest en janvier dernier. Pas de chance, le maire EELV Pierre Hurmic prévoit de le réutiliser pendant au moins cinq ans.

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La magie de Noël au rendez-vous ?

Les patinoires font aussi débat cette année, alors que le gouvernement demande à tous de faire des économies d’énergie. La ville de Tours a de son côté trouvé une alternative : la traditionnelle patinoire extérieure est remplacée par une piste de patins à roulettes. Et ça tombe bien puisque le roller et son côté vintage reviennent à la mode. Gourmande en énergie pour maintenir la piste glacée, la patinoire était devenue « un non-sens écologique » selon Emmanuel Denis, le maire de Tours EELV.

Même discours du côté des illuminations. La plupart des grandes villes font le choix de la sobriété. Concrètement on en met moins ou on les allume moins longtemps : à Metz les guirlandes s’éteignent à minuit, même chose à partir de 22 heures pour Toulouse. À Nantes, on prévoit une semaine en moins d’illuminations par rapport aux autres années. Pour donner l’exemple, l’emblématique avenue des Champs-Élysées s’illumine-t-elle aussi seulement six semaines cet hiver, au lieu de sept les autres années, et les vitrines de l’allée s’éteignent tous les soirs à 22 heures. Pour quel impact réel ?

People walk along the Champs-Elysees avenue after the inauguration of the Christmas decorations in Paris on November 20, 2022. (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
People walk along the Champs-Elysees avenue after the inauguration of the Christmas decorations in Paris on November 20, 2022. (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les décorations lumineuses de Noël ne représentent qu’une petite partie de la consommation électrique des villes. « C’est 0,2 % sur la facture annuelle d’une commune » en électricité, indique Julien Arnal, président du Syndicat de l’éclairage auprès de l’AFP.

Mais dans les plus petites communes, le poids de la facture énergétique pèse déjà lourdement. Dans le Finistère, la commune de Quimperlé a ainsi décidé de faire une croix sur les illuminations cette année. Une mesure qui doit lui permettre d’économiser 20 000 €, et qui a été prise dès septembre dernier, en raison de la flambée des coûts de l’énergie. À la place, la commune mise sur les spectacles vivants et les animations de rue pour donner un air de fête à son centre-ville. Les Français seront-ils convaincus par toutes ces alternatives ? Selon l’ADEME, moins d’un Français sur cinq pense à l’écologie au moment des fêtes.

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