Déconfinement : un risque de "voir l’épidémie accélérer à nouveau" avec le retour à l’école, selon le Pr Djillali Annane

Jeudi 22 avril, lors de la conférence de presse du gouvernement, Jean Castex a indiqué que le pic de la troisième vague de Covid-19 semblait avoir été franchi et que la baisse de la pression épidémique était engagée. Des annonces que le Pr Djillali Annane, invité des "4 Vérités" de France 2, vendredi, trouve "prématurées". "Il faut être très vigilant et attendre encore un peu pour s’assurer que nous avons passé le pic", estime le chef du service de réanimation de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine). Dans son service, le Pr Djillali Annane fait encore face à une situation "très tendue". "Nous voyons tous les jours arriver de nouveaux patients et nous en refusons tous les jours par défaut de place. Pour l’instant, en réanimation, on ne voit pas poindre la décrue. Elle viendra, mais elle n’est pas encore là", explique-t-il. Dans ce contexte, le calendrier du déconfinement prévu par le gouvernement est, lui aussi "prématuré", selon le médecin réanimateur. "À l’heure actuelle, pour être certain que le 3 mai, nous allons pouvoir lever ces restrictions, il faudra être extrêmement prudent, car, encore une fois, nous sommes à un niveau très élevé de circulation du virus", souligne-t-il. "Le virus continue de tuer" Aux Français qui veulent aujourd’hui pouvoir revivre normalement, le Pr Djillali Annane répond que le corps médical le souhaite aussi, "mais en sécurité". "Nous avons dépassé les 100 000 victimes. Le virus continue de tuer et de circuler à un haut niveau. Le déconfinement ne doit pas se faire de manière empirique, mais vraiment de façon professionnelle", assure-t-il. Enfin, le retour à l’école des élèves de maternelle et de primaire le 26 avril inquiète ce dernier : "Nous savons qu’avec le variant britannique, les enfants sont contagieux. Il y a un risque au redémarrage des activités scolaires de voir l’épidémie réaccélérer."