Déconfinement: la date du 11 mai n'est pas inscrite dans le marbre

Au lendemain de la présentation de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, censé encadrer le déconfinement en France, le ministre de la Santé sème le doute. Dans une interview accordée ce dimanche au Parisien, Olivier Véran redit que la date du 11 mai pourrait être repoussée. De quoi semer le trouble: le déconfinement est-il menacé ?

Mettant en garde contre un relâchement du respect des mesures de confinement, le ministre de la Santé, Olivier Véran a souligné ce dimanche dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France que la date du 11 mai choisie pour engager le déconfinement de la France pourrait être remise en question si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé.

« Si le confinement est bien respecté jusqu'au bout, le couvercle aura été mis sur la casserole de l'épidémie, et nous pourrons déconfiner progressivement dans les meilleures conditions », a expliqué Olivier Véran. « Dans le cas contraire, et si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de lever du confinement pourrait être remise en question et sera appréciée selon les départements », a-t-il ajouté.

En écho à ces propos, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré pour sa part au Grand Jury Le Figaro-RTL-LCI que le déconfinement sur l'ensemble du territoire national dès le 11 mai est l'objectif du gouvernement, en précisant que c'était « un objectif à conquérir ».

Marine Le Pen: «On traite les Français comme des enfants»

S’agit-il d’un vrai doute au sein du gouvernement, ou d’un d’appel à la remobilisation des Français dans la dernière ligne droite ? Un rappel au respect du confinement jusqu’au bout critiqué ce dimanche par Marine Le Pen sur BFM: « Je trouve indécente la manière dont depuis des semaines le gouvernement culpabilise les Français. On les menace, on les traite comme des enfants, et ça c’est inadmissible. »

Une alerte du ministre de la Santé en forme d’aveu d’échec pour le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, interrogé sur Europe 1: « Parce que le job du gouvernement pendant les semaines de confinement, cela aurait été justement de créer les conditions pour que les indicateurs le 11 mai soient au vert. »

Commission d'enquête sénatoriale sur la crise sanitaire

Bruno Retailleau a également annoncé que les élus de son parti saisiront le Conseil constitutionnel sur le projet de loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet, tandis que le Sénat prévoit une commission d'enquête sur la crise sanitaire en juin.

Le verdict sur les « indicateurs » et la date de début de déconfinement devrait tomber ce jeudi quand le gouvernement tranchera définitivement sur un début de déconfinement le 11 mai.