Déconfinement : à Belleville, Paris reprend son souffle

La rue de Belleville avant le déconfinement.

Il n’y a plus de bière au Chiquito. La veille du confinement, alors que la limitation des contacts était déjà chaudement recommandée, les habitués de ce bar-tabac du 19ème arrondissement de Paris sirotaient encore quelques demis en douce. Ce lundi 11 mai, premier jour de liberté (conditionnelle) après deux mois de claustration, les familiers ont disparu, et les patrons du troquet, ayant épuisé les stocks de mousse, ne distribuent plus que des cigarettes et des jeux à gratter.

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A Place des fêtes, la file d’attente devant Monoprix n’a plus rien d’incongru. On s’est habitué, tout comme aux masques, qu’une large majorité de passant arbore désormais. Il y en a pour tous les goûts : le homemade en tissu bariolé, le chirurgical qu’on baisse pour tirer sur sa cigarette électronique, le masque de chantier... Derrière son comptoir, le buraliste en porte un noir, élégant. Il y a près de deux mois, il distribuait la presse du bout des doigts à ses clients, par la porte vitrée laissée entrouverte. “Ça n’a pas été évident, mais nous n’avons jamais fermé”, se félicite-t-il. Aujourd’hui, il se contente des gestes barrière, et de limiter à deux le nombre de personnes simultanément admises dans sa boutique, à l’entrée de la rue des Solitaires. De solitude, il n’est pas vraiment question, tant les badauds sont nombreux. Pourtant les rues ne sont pas plus fréquentées que pendant les trois jours de ce week-end : à bonne distance les uns des autres, beaucoup avaient un peu anticipé le déconfinement.

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