Le déclin des insectes est plus important que prévu

Nathalie Mayer, Journaliste

Les populations d’insectes sont en danger. L’étude présentée aujourd’hui par des chercheurs de l’université de Munich (Allemagne) n’est pas la première à en arriver à cette conclusion. Mais, là où les précédentes études s’intéressaient à la biomasse — c’est-à-dire au poids total de tous les insectes — ou à des espèces en particulier, celle-ci se veut bien plus large.

Les chercheurs ont collecté plus d’un million d’insectes sur quelque 300 sites en Allemagne. Résultat : parmi les 2.700 espèces étudiées, nombre d'entre elles sont en déclin. Que ce soit dans les régions forestières ou dans les prairies, les scientifiques ont dénombré environ un tiers d’espèces d’insectes en moins entre 2008 et 2017. Et certaines espèces, déjà rares, semblent même avoir disparu.

Pour les chercheurs de l’université de Munich (Allemagne), l’agriculture est responsable du déclin marqué des insectes depuis quelques années. Pourtant, elle dépend énormément des capacités de pollinisation de ces mêmes insectes. © PublicDomainPictures, Pixabay License

L’agriculture sur le banc des accusés

Tous les sites étudiés sont concernés. Y compris les forêts « vierges » situées dans des zones protégées. Toutefois, les pertes les plus importantes ont été enregistrées dans des prairies situées à proximité de terres cultivées de manière intensive. Les espèces les plus touchées étant aussi celles qui sont les moins mobiles. Une baisse de pas moins de 67 % de la masse totale des insectes a été enregistrée dans ces zones. Un déclin que les scientifiques attribuent naturellement aux pratiques agricoles.

Dans les zones boisées, les insectes les plus touchés sont ceux qui sont capables de couvrir de longues distances. Peut-être parce que ces insectes peuvent également se trouver en contact avec l’agriculture. « Mais des études supplémentaires seront nécessaires pour le confirmer », conclut Martin Gossner, chercheur.

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