Déclarations du pape sur la présidentielle française : une "position inattendue qui me met mal à l'aise"

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Déclarations du pape sur la présidentielle française : une "position inattendue qui me met mal à l'aise"

"Ce sont des paroles que l'on aurait pu éviter", a réagi, dimanche 30 avril sur franceinfo, Anne Soupa, présidente de la Conférence des baptisés en France, journaliste et féministe, à la suite des propos du pape François. Le souverain pontife s'est gardé de donner une consigne de vote pour le second tour de la présidentielle. Il estime qu'il ne connaissait pas suffisamment la politique intérieure française, mais qualifiant Marine Le Pen de représentante de la "droite forte".

franceinfo : Avez-vous été surpris par cette prise de parole du pape ?

Anne Soupa : Cela me paraît être une parole en dessous de ce que l'on pouvait attendre. Elle n'est pas conforme à ce qu'il avait pu dire au moment de l'élection de Donald Trump. J'ose espérer que nous aurons, dans les jours qui viennent, peut-être quelque chose de plus fort et de plus clair. Je regrette cette position inattendue. Elle me met mal à l'aise. Oui, cette prise de parole est importante. Elle aurait pu contrebalancer la parole des évêques. Cette dernière aussi a été très floue et n'a pas appelé clairement à faire barrage contre le FN. Pour ma part, j'ai été très déçue. Nous attendons des évêques, non pas qu'ils s'alignent sur leur électorat qui a été divisé, mais qu'ils mettent le cap sur l'Évangile. Or, cela n'est pas chrétien de voter pour Marine Le Pen. C'est ce que nous aurions pu attendre des évêques.

Le pape François évoque la "droite forte" plutôt que l'extrême droite pour qualifier Marine Le Pen. Est-ce que cela vous gêne ?

Bien sûr. Cette parole me gêne. Encore une fois, j'ose espérer qu'il a parlé faute d'être bien informé. Dans les prises de position de Sens Commun et de la Manif pour tous, il faut bien voir que nous ne sommes quasiment plus dans le christianisme. Nous sommes dans la résurgence d'une droite maurassienne, xénophobe et raciste, qui aujourd'hui entend maintenir une pression (...) Lire la suite sur Francetv info

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