"Une décision très douloureuse": lassé, Zoher a quitté son poste de CPE pour devenir agent immobilier

L'entrée du lycée Charlemagne, à Paris, pendant le baccalauréat, en 2016 (illustration) - FRANCOIS GUILLOT / AFP
L'entrée du lycée Charlemagne, à Paris, pendant le baccalauréat, en 2016 (illustration) - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Dans l'Éducation nationale, les problèmes de personnel ne touchent pas que les enseignants. Le secteur en général connaît une crise des vocations. Zoher en est l'illustration: il a décidé de quitter son poste de conseiller principal d'éducation (CPE) il y a deux ans et de changer de vie professionnelle.

Après vingt-cinq ans de carrière, il ne se retrouvait plus dans ce métier. Il l'avait pourtant choisi par vocation.

"Il était hors de question que je fasse ce métier pour des questions alimentaires. C'était vraiment une vocation, une passion. J'ai donné mon temps, mon énergie, sans jamais compter", nous raconte Zoher.

"On a oublié que l'élève est au cœur du système"

Quitter ce métier a été "une décision très douloureuse" selon lui. Mais il ne se retrouvait plus dans les conditions d'exercice et estime ne plus réussir à assurer un suivi correct pour chacun des élèves. "On ne se voit plus, on ne se croise plus, on ne se parle plus", regrette Zoher.

"Aujourd'hui, on a oublié que l'élève est au coeur du système", ajoute-t-il.

Cet ancien CPE ne semble pas être le seul à ne plus être attiré par ce métier. Entre 2016 et 2021, le nombre de candidats aux concours de conseiller principal d'éducation est passé de 11.846 à 8201, selon les statistiques de l'Éducation nationale.

Plus largement, le milieu éducatif est en peine d'attractivité. Selon les chiffres du ministère, 2286 enseignants ont déposé leur démission lors de l'année scolaire 2020-2021. Neuf ans plus tôt, ils n'étaient que 399. Les bas salaires et la dégradation des conditions d'enseignement attirent de moins en moins de nouveaux candidats, et l'Éducation nationale a de plus en plus recours aux contractuels.

Zoher, lui, s'est reconverti en devenant agent immobilier. Un milieu bien différent, où il retrouve le rapport humain qui lui a fait aimer le métier de CPE à l'origine. "Ce que je préfère dans ce métier là, c'est la relation à l'autre, et le fait d'aider les gens à réaliser leur projet de vie, comme j'aidais les familles et les élèves à s'accomplir", explique-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com