Une "décision juste et sage": LFI fait bloc autour d'Adrien Quatennens après sa mise en retrait

Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 19 septembre 2019. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 19 septembre 2019. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Autour d'Adrien Quatennens, La France Insoumise fait bloc. Ce dimanche, sa mise en retrait de ses fonctions de coordinateur du parti, après des accusations de violences conjugales, a provoqué une onde de choc au sein de LFI: dans un communiqué, le député du Nord a reconnu notamment avoir giflé son épouse, avec laquelle il est en instance de divorce, et a expliqué vouloir "protéger le mouvement".

Dans un communiqué officiel, les insoumis "saluent" une décision "prise en concertation avec les instances du mouvement", et plusieurs cadres ont pris la parole individuellement. Le leader du parti d'abord, Jean-Luc Mélenchon, a salué "la dignité et le courage" de son numéro 2, tout en dénonçant "la malveillance policière" et "le voyeurisme médiatique" autour de cette affaire.

"La malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux se sont invités dans le divorce conflictuel d’Adrien et Céline Quatennens", dénonce Jean-Luc Mélenchon sur son compte Twitter.

La députée de Paris Sophia Chikirou a également appelé sur son compte Twitter à "laisser tranquille" le couple Quatennens dans cette affaire, saluant un dirigeant politique "qu'on admire pour son honnêteté et son abnégation".

Décision "juste et sage"

Dans la foulée, c'est la députée et présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale Mathilde Panot qui s'est exprimée, évoquant une "décision juste et sage" de mise en retrait. Invitée du Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro ce dimanche, elle a précisé que le sujet avait été évoqué avec Adrien Quatennens avant la publication de son communiqué.

"Adrien Quatennens a pris une décision, et nous avons échangé sur cette question, juste et sage... Sage pour lui parce qu'elle va lui permettre de gérer dans la sérénité la situation de divorce dans laquelle il est... C'est lui qui prend la décision, nous en avons discuté avant", a-t-elle assuré.

Elle a également considéré que c'était une décision sage pour le mouvement "qui a à cœur cette question de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles".

Quant à la question du temps qui a été mis pour réagir au sein du parti, Mathilde Panot explique que "le temps médiatique ne coïncide pas avec le temps personnel des décisions" et qu'il faudra désormais "un peu de temps" à La France Insoumise pour décider de la suite, comme une potentielle mise en retrait d'Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale.

La suite discutée "dans les prochains jours" à LFI

Même son de cloche du côté du député Manuel Bompard, successeur de Jean-Luc Mélenchon dans sa circonscription des Bouches-du-Rhône. Auprès de BFMTV, il déclare prendre acte d'une "décision sage":

"Nous discuterons dans les prochains jours de l’impact de cette décision sur l’animation du mouvement", affirme-t-il.

Raquel Garrido, députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, déclare aussi à BFMTV que "la mise en retrait était la bonne chose à faire". "Il y ajoute de surcroît un exercice de transparence totalement inédit en politique", estime-t-elle. "Il place au centre du sujet non pas l’homme politique, mais la femme victime de violence. C’est une marque de courage et de loyauté envers La France insoumise que je salue."

Un membre du groupe LFI à l'Assemblée nationale précise par ailleurs que "plusieurs cadres ont suggéré" la mise en retrait à Adrien Quatennens, ce qui, à sa connaissance, "n'a pas donné lieu à une résistance de sa part". Selon une autre source, l'intérim pourrait désormais être exercé par plusieurs personnes au sein du parti.

Article original publié sur BFMTV.com