Décharges sauvages : enquête sur un fléau lucratif

Baptiste / Giroudon

Du petit trafic au système mafieux, l’abandon des déchets dans la nature est devenu un fléau.

C’est par un coup de téléphone que Didier Delpeyrou, membre fondateur du collectif citoyen La Brigade écologiste, apprend la découverte «d’un truc de fou, un océan de déchets ». Quinze hectares d’une gigantesque poubelle à ciel ouvert, sur le site du fort de Vaujours, un ancien terrain du Commissariat à l’énergie atomique, en bordure du bois de Bernouille, une forêt naturelle protégée à 15 kilomètres de Paris. Gravats, pneus, carrosseries, batteries, laine de verre, polystyrène, portes-fenêtres en PVC, tuyaux, pots de peinture, sommiers… et même un sapin de Noël, avec ses boules «Lucky Luke» usées par les intempéries.

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Une décharge tellement immense qu’elle ne peut qu’être l’œuvre de professionnels. Le ballet des camions videurs s’est accéléré pendant le confinement quand le coin s’est vidé des promeneurs et que «tout le monde faisait des travaux», rappelle Delpeyrou. Aujourd’hui, des échappements de gaz signalent une méthanisation et, donc, des risques d’incendie. Un cocktail «explosif» pour les riverains, dont les 30000 habitants de Clichy-sous-Bois.

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Fut un temps où l’on jetait sans trier les produits toxiques, où l’on brûlait tout ce qui encombrait et où l’on envoyait le reste dans le «tiers-monde». Aujourd’hui, il existe au moins 16000 «déballes», inactives mais non dépolluées, comme au Havre en bordure d’océan, et tant d’autres dont on a perdu la mémoire. «À la sortie d’une ville, raconte un spécialiste de la dépollution, un lotissement avec une crèche a été construit. Rapidement, des enfants se sont plaints de maux de tête. On a fait des recherches, l’ensemble tenait sur un ancien(...)


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