Déboulonnages : édifier l'école contre l'ignorance

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"Enseigner", ce n’est jamais avoir devant soi un blanc, un noir, un jaune, voire quelque hypothétique vert à poids roses. "Faire classe", "donner cours" c’est avoir devant soi, et pour elle, de l'espèce humaine, c'est à dire un Homme, fils d'Homme. Faire classe, donner cours, c'est offrir à tous le même enseignement et faire don de la même exigence. Pourquoi don ? Parce qu'être exigeant c'est respecter, et considérer que tous, quelles que soient leurs facilités et difficultés, sont capables de l'effort nécessaire pour répondre à l'appel de l'école à s'élever, vers le savoir et la liberté d'être un Homme. Cette liberté consiste alors à avoir acquis l’art de s'extraire de son habitus. Cette liberté, c'est être capable de se défaire de "soi", terme qui chez Jung renvoyait aux prismes de l’histoire personnelle, pour construire un "moi" désaliéné et ouvert sur d'autres possibles. Cette liberté conduit à être plus que citoyen, à être Homme.

L'école contre les simplifications intellectuelles

"Homo sum : humani nihil a me alienum puto" écrivit Publius Terentius Afer au IIe siècle avant notre ère. "Je suis Homme, je considère que rien d'humain ne m'est étranger." Il parlait alors en affranchi qui avait été esclave. Il était "Africain", puisque né à Carthage au début du IIe siècle ; son cognomen "Afer" en garde la trace. Quant à Térence, son



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