Les débats politiques sont trop importants pour être laissés à la télé

Libération.fr

Le petit écran transforme tout en spectacle favorisant les tribuniciens à la Trump. Quand la presse écrite et la radio offrent des espaces de réflexions indispensables.

Après la France, l’Iran s’apprête à vivre une élection présidentielle cruciale. Le pouvoir iranien avait pris une décision étonnante : ne plus retransmettre les débats présidentiels en direct à la télévision. Ils devaient être enregistrés et diffusés plus tard. Mais depuis, cette décision a été annulée face à l’opposition qu’elle a soulevée. Dommage, car ce n’était pas une mauvaise chose.

Les idées avancées par Marshall McLuhan et Neil Postman il y a plusieurs décennies sont bien connues : la télévision n’est pas un simple médium, c’est un discours qui construit sa propre version de la réalité. C’est une machine qui transforme les questions les plus sérieuses en divertissement. Et son message est déterminé par ses conventions.

La vérité, c’est que les démagogues, les Berlusconi, Trump, Erdogan et Ahmadinejad, ne seraient rien sans la télévision. Leurs solutions simplistes à des problèmes complexes, les références à leur vision fantasmée du «peuple», leurs discours antisystème racoleurs et ronflants, leurs postures politiquement incorrectes soigneusement travaillées et leur anti-intellectualisme ne peuvent fonctionner qu’à la télévision. Leur personnage et leur message seraient réduits à néant sur du papier. Leur magie ne peut opérer qu’en direct à la télévision, car ils savent comment «se produire» (1) à l’écran : ils gagnent parce qu’ils divertissent.

Notre époque est celle du spectacle, de l’image et de l’émotion. La télévision ne vit plus dans nos foyers, c’est nous qui sommes désormais installés dans le petit écran et nous faisons partie du discours. Comme Neil Postman l’a admirablement expliqué dans Se distraire à en mourir (1985), depuis le sport, la religion et les journaux télévisés jusqu’au commerce, à l’éducation et à la politique, le moindre aspect de notre vie privée ou publique est (...)

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