Débat de la présidentielle 2017 sur TF1: Ce que le graphique de Marine Le Pen sur l'industrie française dit de l'euro (et ce qu'il ne dit pas)

Jean-Baptiste Duval
1 / 3
Débat de la présidentielle 2017 sur TF1: Ce que le graphique de Marine Le Pen sur l'industrie française dit de l'euro (et ce qu'il ne dit pas)

EUROPE - Quelques lignes brisées en couleurs et de jolis drapeaux. Dans un débat, le graphique sorti au bon moment fait toujours son petit effet. Le 20 mars, Marine Le Pen n'a pas raté le sien sur le plateau de TF1 pendant "Le Grand Débat" de la présidentielle.

"La chute de la production industrielle en Espagne, en Italie et en France a évidemment un lien avec l'euro", a-t-elle conclu pour justifier sa volonté de quitter la monnaie commune.





Manipulation scandaleuse ou trait de génie? Ni l'un ni l'autre. Ces informations sont bien connues des économistes. Ce sont les conclusions qu'en tire Marine Le Pen qui prêtent à interprétation.

Que montre exactement ce graphique? Il s'agit de l'évolution comparée de la production industrielle de l'Allemagne, de la France, de l'Espagne et de l'Italie. Il est en base 100 en 2000, juste avant l'introduction de l'euro, c'est-à-dire qu'il mesure l'évolution en pourcentage, non en valeur absolue.

A première vue, le constat est simple: l'industrie allemande augmente sa production au détriment des trois autres pays depuis l'introduction de l'euro. Pour Marine Le Pen, il faut donc quitter l'euro pour inverser la courbe.

"Avec l'euro, il est plus pertinent d'avoir son usine en Allemagne"

C''est un fait: l'industrie allemande fait du mal à la nôtre. "Il se passe dans la zone euro ce qui devait se passer, comme [l'économiste] Paul Krugman l'expliquait dès 1992. Quand des pays décident d'avoir une même monnaie, ils se spécialisent dans des productions différentes, décrypte Patrick Artus, directeur des études de la banque Natixis. Tant que le Portugal avait l'escudo, il fallait produire les voitures sur place pour ne pas être trop cher. Avec l'euro, il est plus pertinent d'avoir son usine en Allemagne."

Grâce à sa...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages