Le débat sur les parrainages à la présidentielle relancé par Pécresse

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Valerie Pecresse photographiée durant son meeting à Strasbourg le 17 décembre (Illustration).  (Photo: AP Photo/Jean-Francois Badias)
Valerie Pecresse photographiée durant son meeting à Strasbourg le 17 décembre (Illustration). (Photo: AP Photo/Jean-Francois Badias)

POLITIQUE - Ce n’est pas une déclaration directe, mais c’est perçu comme tel. Ce mercredi 22 décembre, l’entourage de Valérie Pécresse a fait savoir à l’AFP que la candidate LR à l’élection présidentielle était disposée à débattre avec ses concurrents. Tous? Pas vraiment. “Avec des candidats ayant leurs parrainages”, a précisé son équipe.

“Nous n’avons pas vocation à servir de marchepied aux candidats en recherche d’un souffle, ni à intervenir dans la primaire sauvage actuelle entre Marine Le Pen et Éric Zemmour”, a insisté son équipe de campagne, alors que les candidats à l’élection présidentielle ont jusqu’à début mars pour déposer leurs parrainages. Une vision des choses qui, sans surprise, a fait bondir chez ceux qui ont du mal à recueillir les 500 signatures.

“Dis donc Valérie Pécresse, c’est pas, par hasard, que tu aurais un peu la trouille?”, a réagi le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, alors que Marine Le Pen n’a pas encore obtenu l’assurance d’avoir l’intégralité de ses parrainages. “Ben voyons”, a renchéri son concurrent d’extrême droite, Éric Zemmour, qui éprouve les mêmes difficultés.

À ce sujet, l’ancien journaliste du Figaro a publié ce mardi 21 décembre une vidéo dans laquelle il s’adresse directement aux maires de France, en leur demandant de soutenir sa candidature. “Il est même possible que je n’obtienne pas les parrainages tant le système est fait pour protéger les grands partis”, alerte l’ancienne vedette de CNews.

Depuis 2017, le nom des parrains est public

Dans son viseur, comme dans celui de Marine Le Pen, la transparence instaurée en 2017, laquelle conduirait les élus locaux à renoncer à apposer leurs noms aux côtés d’un nom sulfureux par peur d’éventuelles représailles, que ce soit de la part des administrés ou des collectivités avec lesquelles ils travaillent. “Nous avons réclamé que leurs noms ne soient pas publiés, parce que ça n’apporte rien. À part permettre à certaines associations d’extrême gauche de faire pression sur eux”, déplorait récemment Marine Le Pen, qui avait bouclé ses parrainages trois jours seulement avant la date butoir lors de la précédente présidentielle.

En cette année 2017, seulement 34% des élus habilités avaient apporté leur parrainage. “Dans près de trois quarts des cas, il s’agissait d’élus communaux et intercommunaux”, détaille la Direction de l’information légale et administrative. Dans une lettre révélée par L’Opinion, le maire de Béziers Robert Ménard demandait solennellement au nouveau président de l’Association des Maires de France, David Lisnard, de réclamer auprès d’Emmanuel Macron “l’abrogation de cette disposition qui finira par fausser véritablement le jeu démocratique en France”. Alors que l’échéance approche -le recueil des parrainages s’achèvera au plus tard le sixième vendredi avant le premier tour- le débat ne cesse de gagner en intensité.

Ce mercredi sur France inter, Sébastien Chenu plaidait par exemple pour un nouveau système. “Je souhaite que ceux qui représentent quelque chose dans l’opinion puissent s’exprimer”, a déclaré le porte-parole du RN, estimant que “ce n’est pas le signe d’une démocratie très mature que d’obliger des candidats qui pèsent si fort dans l’opinion à passer autant de temps à chercher des signatures”. D’autres, comme Florian Philippot, voudrait que l’on passe à un système de “parrainage citoyen”. Une idée que défend la France insoumise depuis plusieurs années, à travers “l’investiture populaire” et qui figurait parmi les préconisations de la commission Jospin en 2012.

À voir également sur Le HuffPost: Quand Nicolas Sarkozy squattait (aussi) la télé avant d’annoncer sa candidature

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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