Un débat organisé par Générations achoppe sur la question du "racialisme"

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La députée LFI Danièle Obono à l'Assemblée nationale le 28 juillet 2020

Un débat organisé jeudi par le petit parti de gauche Génération.s, a achoppé sur la question du "racialisme", concept refusé par la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, d'autres comme la députée LFI Danièle Obono défendant le droit pour les "personnes racialisées" de "s'auto-organiser".

"Le racialisme est totalement opposé au concept d'universalisme républicain", a assuré Mme Lienemann, élue de la Gauche républicaine et socialiste. "Je trouve dangereux et inquiétant la montée sur scène du +racialisme+" et "quand j'entends le mot +racisé+, ou que notre république est +raciste+, ça me met hors de moi".

"Il y a du racisme" en France "mais les fondamentaux de notre République ne le sont pas", a-t-elle ajouté. "La loi interdisant le voile à l'école" ou "le port du voile intégral" dans l'espace public "sont des lois progressistes qui permettent l'émancipation dans le cadre de notre laïcité".

Selon Danièle Obono, "l'intervention de Marie-Noëlle Lienemann résume l'amalgame et l'incompréhension" autour de ce débat. "Les personnes racisées sont ciblées", a-t-elle ajouté, en défendant le droit pour "les personnes concernées de s'auto-organiser" pour se défendre.

Génération.s, fondé par l'ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon et désormais dans la mouvance écologiste, a organisé ce débat en visioconférence sur le thème de la République un peu avant celui qui a opposé dans la soirée sur France 2 Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, et Marine Le Pen, présidente du RN, sur l'islamisme et l'immigration.

Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, a dénoncé lors du débat "la discrimination massive et systématique à l'égard des Noirs et des Arabes". "La République est défaillante à l'égard de sa promesse", a-t-il affirmé, tandis que "le projet écologiste n'oublie personne au bord du chemin".

La sénatrice PS Laurence Rossignol devait participer au débat mais a finalement décliné en raison de la participation d'Ali Rabeh, maire Génération.s de Trappes, en conflit avec un professeur de philosophie, Didier Lemaire, qui dénonce "la progression d'une emprise communautaire toujours plus forte" sur ses élèves, ainsi que "l'absence de stratégie de l'Etat pour vaincre l'islamisme".

"Le maire de Trappes est au cœur d'une polémique", "le débat est un piège" et "je ne veux pas apporter ma caution", a affirmé Mme Rossignol à l'AFP. Mme Lienemann a également exprimé son "malaise" à ce sujet.

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