Débat Macron-Le Pen: les mots marquants décryptés par une sémiologue

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DÉBAT TÉLÉVISÉ - À quatre jours du second tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont débattu ce mercredi 20 avril sur TF1 et France 2. Un échange de près de trois heures, nettement moins virulent que lors du précédent débat d’il y a cinq ans. Mais pas pour autant moins intéressant à analyser.

La sémiologue Élodie Laye-Mielczareck a écouté attentivement les échanges et décrypte pour Le HuffPost les mots marquants utilisés par les deux candidats dans la vidéo en tête d’article. Ici, la question n’est pas de savoir lequel des deux candidats a brillé, mais plutôt de comprendre pourquoi l’un comme l’autre a utilisé certains mots. Et surtout quel est le sens de ces mots.

Emmanuel Macron et le champ lexical de la magie

Élodie Laye-Mielczareck souligne la volonté d’Emmanuel Macron d’apparaître comme celui qui maîtrise la langue française, en ayant recours a des mots plus anciens comme le verbe “ripoliner”, dérivé de la marque de peinture Ripolin. Un moyen, d’après elle, de s’adresser aux électeurs plus âgés.

Le président-candidat a également cité le magicien Gérard Majaxpour répondre sèchement à Marine Le Pen sur les chiffres du chômage. Le célèbre prestidigitateur est connu pour ses passages à la télévision dans les années 1980, ce qui a encore dû parler aux téléspectateurs les plus âgés. Mais derrière cette référence, il y a surtout l’utilisation du champ lexical de la magie. Comme cela avait déjà été le cas en 2017 avec la fameuse “poudre de perlimpinpin.”

“Emmanuel Macron aime convoquer cet univers de la magie pour décrédibiliser son adversaire et lui enlever toute légitimité notamment sur tout ce qui concerne les chiffres”, analyse la sémiologue. “En opposition à la magie et à l’extraordinaire, lui cherche à s’inscrire au contraire dans le rationnel.”

Quand Le Pen fait du Hollande

Du côté de Marine Le Pen, Élodie Laye-Mielczareck note l’emploi d’une anaphore, une répétition volontaire de plusieurs mots. La candidate d’extrême droite a martelé “le bon sens” à plusieurs reprises durant sa carte blanche en fin de débat. En 2012, François Hollande avait lui aussi eu recours à cette figure rhétorique pour se donner une posture de chef d’État avec son anaphore “Moi président” devenue culte.

″Ça fonctionne très bien. Cela fait partie des figures de style que l’on apprécie énormément dans le domaine de la publicité, car elle a un impact sur la mémorisation du discours”, explique la sémiologue, jugeant cette séquence comme étant l’une des plus marquantes de la soirée.

Marine Le Pen s’est aussi fait remarquer avec un néologisme: “climato-hypocrite”, en réponse aux accusations de son adversaire qui l’accusait d’être “climato-sceptique”. Un néologisme qui fait écho à un autre: “éco-hypocrite”, utilisé en janvier dernier pour qualifier l’acteur Leonardo Di Caprio qui avait passé ses vacances sur un des plus grands yachts de la planète. Au moment même où le film Don’t look Up dénonçait l’inaction climatique.

À voir également sur Le HuffPost: Les temps forts du débat Macron-Le Pen

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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