Débat Macron-Le Pen: Macron était-il effectivement ministre quand SFR a été vendu à Drahi?

Jean-Baptiste Duval
Débat Macron-Le Pen: Macron était-il effectivement ministre quand SFR a été vendu à Drahi?

PRÉSIDENTIELLE 2017- Le débat Macron-Le Pen n'a pas connu de temps mort. Dès le début, Marine Le Pen a attaqué bille en tête le "banquier d'affaires" Emmanuel Macron, en commençant par son bilan sous le quinquennat Hollande.

Elle a ainsi pointé sa responsabilité de Ministre de l'Economie dans la vente de SFR à Numericable, c'est-à-dire à l'homme d'affaires Patrick Drahi. Preuve, selon elle, des copinages dont il s'est rendu coupable avec les grands groupes.

"Je n'étais pas ministre quand SFR a été vendu", a rétorqué Emmanuel Macron, sans en faire démordre Marine Le Pen.

Or, la vente de SFR à Numericable a été conclue le 5 avril 2014, quand Emmanuel Macron était secrétaire général de l'Elysée, ce qui en faisait un très proche conseiller de François Hollande, il est vrai. Mais pas un membre du gouvernement.

Cette décision avait été prise malgré les réticences du ministre de l'époque, Arnaud Montebourg, qui avait fait savoir sa préférence pour le deuxième candidat à la reprise de SFR: le groupe Bouygues.

Emmanuel Macron est par ailleurs un proche de Bernard Mourad, ancien banquier conseil de Patrick Drahi, qui l'a notamment épaulé durant le rachat de SFR. Bernard Mourad a démissionné en octobre 2016 de ses fonctions de directeur général adjoint du pôle médias du groupe SFR pour rejoindre le mouvement En Marche!

En revanche, Marine Le Pen pourra aussi s'en tirer en avançant que la vente a été finalisée en octobre, après sa prise de fonction à Bercy le 26 août. Mais il ne s'agit que de la conclusion contractuelle et juridique. L'Autorité de la concurrence l'a validé en novembre, par exemple.

Surtout, le 28 octobre, Emmanuel Macron a dû valider en bout de chaîne cette décision. Ce feu vert était devenu indispensable suite au décret sur les investissements étrangers, signé la même année par son prédécesseur Arnaud Montebourg. Il imposait l'approbation de Bercy à tout rachat dans les télécoms.

Lire aussi :

En direct: Suivez le débat avec le meilleur (et le...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages