Débat de l'entre-deux-tours : comment Macron et Le Pen se préparent-ils?

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·5 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen entament lundi une dernière semaine de campagne qui sera marquée par un débat télévisé à haut risque pour les deux candidats, avant le second tour de la présidentielle française le 24 avril.

Les deux candidats se préparent déjà au débat décisif de mercredi prochain. Ce grand rendez-vous de l'entre-deux tours des scrutins présidentiels en France, traditionnel depuis 1974, sera diffusé en direct et en intégralité sur BFMTV, et arbitré par nos confrères Léa Salamé et Gilles Bouleau. L'enjeu de ce second tour est de convaincre les indécis, les abstentionnistes et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen se met au vert pour préparer le débat

Marine Le Pen va se mettre au vert dès ce lundi et ce pendant 48 heures, pour être prête pour le débat de l'entre-deux-tours et arriver reposée. La candidate a vidé son agenda à partir de lundi après-midi, se retirant dans l'Ouest.

"Un débat, ça se prépare", explique Sébastien Chenu, invité de BFM Politique ce dimanche. Elle s'isolera chez un membre de son équipe avec un groupe de hauts fonctionnaires et d'énarques qui ont rejoint le Rassemblement National ces dernières années, selon les informations de nos collègues de RMC. L'un de ces conseillers sera chargé de jouer le rôle d'Emmanuel Macron dans des simulations de débat et toutes les thématiques seront travaillées avec des spécialistes.

En réalité, la candidate a bien sûr déjà commencé à travailler pour ce débat décisif: "Je vais la voir cet après-midi, on va le préparer, je ne serai pas tout seul", détaille le porte-parole du RN. Les équipes de Marine Le Pen estiment par ailleursqu'elle part avec un avantage: cette fois-ci, ce ne sera pas "projet contre projet" mais "bilan contre projet".

Effacer le crash du débat de 2017

La candidate a "changé", explique Sébastien Chenu. Elle est "sereine" et a acquis "une certaine forme de maturité politique", veut croire le porte-parole du Rassemblement National. En 2017, le débat s'était avéré désastreux pour Marine Le Pen, apparue fébrile, agressive et impréparée face à Emmanuel Macron, et nombre d'analystes estiment qu'il avait largement concouru à sa défaite.

Cette année, il s’agit de "confronter deux visions de la société, de notre pays", explique ce proche de Marine Le Pen. Elle mise sur son expérience de terrain, après une campagne passée à rencontrer des Français. "Elle est en campagne depuis le mois de septembre", rappelle Sébastien Chenu.

"Je suis prête parce que j'ai l'expérience, j'ai beaucoup travaillé le projet, j'ai affiné mon projet avec eux (les Français, NDLR), je l'ai frotté à leurs réalités, espérances, projet sérieux, équilibré, chiffré", affirmait encore vendredi la candidate.

Emmanuel Macron veut démonter le programme du RN

"Convaincre, convaincre, convaincre", tel est l'état d’esprit du président-candidat, explique Christophe Castaner. Lui aussi invité de BFM Politique ce dimanche, le proche d'Emmanuel Macron assure que le candidat veut"revenir sur des sujets [sur lesquels] il y a de vraies différences avec madame Le Pen". Au programme: le respect de la Constitution, l'appartenance à l'Union Européenne.

"Il est temps de dire la vérité sur ce qu'est Marine Le Pen", résume le président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale. L'équipe d'Emmanuel Macron s'est en effet attelée à décortiquer le programme de la candidate RN pour en soulever "les incohérences, les mensonges", explique son équipe.

Le président-candidat, lui-même, s'attend à une configuration différente de 2017. "J'ai conscience qu'elle a pris beaucoup de temps pour s'y préparer", dit-il, assurant aborder "ces discussions avec beaucoup de sérieux".

Eviter l'agressivité et l'arrogance

Le président sortant a déjà commencé à se préparer pour ce débat, reconnaissent ses proches. Ils mettent en avant l'humilité dont Emmanuel Macron doit faire preuve pendant ces heures décisives. L'arrogance, parfois reprochée au chef de l'État depuis 5 ans, doit être bannie pour s'attaquer, calmement, au fond du programme de son adversaire.

"L'enjeu est d'être persuasif et convaincant sans prendre un ton trop professoral", souligne l'entourage du candidat Macron dont ce sera le tout premier débat de la campagne.

"L'exercice est très préparé en amont avec les équipes des candidats: les thématiques, l'ordre dans lequel elles vont être abordées", explique Christophe Jakubyszyn, journaliste à BFM Business.

"Après une première bataille, on connaît mieux son ennemi"

"Quand un candidat fait une erreur factuelle ou est approximatif, on n'a pas le droit de le contredire, c'est à son adversaire de le faire", ajoute celui qui a arbitré le premier débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Le présentateur de Good Morning Business compare ce débat à un "match de boxe où il a été plus arbitre que journaliste".

"Je ne suis pas sûr de pouvoir vous citer le favori ou la favorite aujourd'hui. Marine Le Pen est mieux préparée, elle a fait une meilleure campagne, elle est très bien conseillée en terme de communication", estime Christophe Jakubyszyn. "Elle n'est plus la pestiférée d'il y a cinq ans, Éric Zemmour l'a banalisée (...) Et elle a un avantage, elle est le challenger", ajoute-t-il.

Emmanuel Macron, en revanche, "est moins bien préparé, dans un contexte international très lourd à gérer", juge Christophe Jakubyszyn. "Il est dans la continuité, ce qui est souvent le problème du président sortant (...) C'est plus difficile de capter l'attention des électeurs sur une redite quoi qu'on pense du fond", poursuit-il. "Après une première bataille, on connaît mieux son ennemi", résume-t-il.

A une semaine du scrutin, rien n'est joué, même si les derniers sondages donnent le président sortant gagnant entre 53 et 55,5% face à sa rivale d'extrême droite. Un duel bien plus serré qu'en 2017 où Emmanuel Macron avait été élu à 66% des voix.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Jean-Michel Aphatie : "Marine Le Pen présidente ? Pour la première fois aujourd’hui, on peut dire oui c’est possible"

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles