Débat sur l'avortement: les républicains américains sont divisés

La question de l’avortement constitue un enjeu récurrent dans le débat politique depuis des décennies aux États-Unis, et encore plus à moins de deux mois des élections de mi-mandat cette année. Et les républicains peinent à trouver le bon ton.

Avec notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin

C’était à la fin du mois de juin et ils avaient gagné. Les républicains célébraient l’annulation par la Cour suprême du droit constitutionnel à l’avortement.

Ils avaient gagné juridiquement, mais peut-être moins politiquement. Car la question du droit à l’interruption volontaire de grossesse continue de travailler l’opinion et la décision semble avoir remobilisé l’électorat démocrate.

Cela se voit dans les sondages, mais aussi dans les urnes. Au Kansas, un État très conservateur, les électeurs ont rejeté par référendum une modification de la Constitution qui aurait permis de revenir sur ce droit.

Les républicains en parlent donc le moins possible dans leur argumentaire de campagne. Sauf qu’ils sont divisés. Le sénateur de la Caroline du Sud Lindsey Graham vient de déposer un projet de loi pour interdire l’avortement au niveau national après quinze semaines de grossesse.

Le texte a très peu de chances de passer ; le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnel se désolidarise de son collègue. Il explique que comme la Cour suprême l’a décidé, cela devrait être laissé à la compétence des États. La Virginie occidentale vient d’ailleurs d’adopter une interdiction quasiment totale, bien plus stricte que la proposition de Lindsey Graham.


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