Débat sur la fin de vie : "Les dispositifs qui existent aujourd'hui ne suffisent pas", selon Alain Claeys, co-auteur de la loi Leonetti

franceinfo
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Alors que l'Assemblée nationale débat jeudi 8 avril d'un projet de loi sur l'euthanasie, Alain Claeys, co-auteur avec Jean Leonetti de la loi sur la fin de vie en 2016 estime, sur franceinfo jeudi 8 avril, que la législation actuelle "ne suffit pas". L'ancien député PS de la Vienne et ancien maire de Poitiers rappelle pourtant "qu'en 14 ans, il y a eu trois lois qui, successivement, ont apporté des droits nouveaux aux malades."

franceinfo : Quel regard portez-vous sur le débat du jour ?

Alain Claeys : Mourir dans la dignité, personne ne souhaite le contraire. Je crois que la question qui est devant nous, c'est comment y parvenir ? Et je crois qu'aborder un tel sujet nécessite à la fois une grande modestie, un refus de toute simplification et une volonté constante de respecter deux choses essentielles : à la fois l'autonomie de la personne, mais aussi la nécessité absolue d'une solidarité collective. Et si on prend un peu de recul, en 14 ans, il y a eu trois lois qui, successivement, ont apporté des droits nouveaux aux malades. 2002, c'est la loi Kouchner. À travers cette loi, un malade peut refuser un traitement. En 2005, c'est la loi Leonetti où il est acté le refus de l'obstination déraisonnable. Et enfin, la loi que j'ai contribué à élaborer avec Jean Leonetti donne de nouveaux droits aux malades, c'est-à-dire les directives anticipées. Voilà les dispositifs qui existent aujourd'hui. Mais ça ne suffit pas. Il faut regarder d'une part comment ils sont appliqués et si, (...)

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