"Je suis comme débarrassé": face à la vague Omicron, ils sont "soulagés" une fois testés positifs

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Plus de test, plus de cas contact, plus de crainte de contaminer leurs proches... Au moins pour quelques semaines. Avec la multiplication des cas liés à la vague Omicron, certains Français sont soulagés une fois le test positif reçu.

Quand Abdel* a découvert, juste avant les fêtes de fin d'année, qu'il était positif au Covid-19, il a d'abord été déçu. Déçu de ne pas fêter Noël avec les siens et de se retrouver tout seul, isolé et enfermé chez lui avec son chat pour une semaine. Mais ce quadragénaire parisien, qui travaille dans les relations publiques, s'est senti en même temps "soulagé". 

"Ces derniers temps, tout le monde autour de moi attrapait le virus", explique-t-il à BFMTV.com. "Je faisais des tests quasiment tous les jours avant de participer à un événement et tous les jours certains de mes collègues ou de mes relations professionnelles m'annonçaient qu'elles étaient positives. Je n'arrêtais pas d'être cas contact. Je savais bien que j'allais l'avoir à un moment ou à un autre, je trouvais même bizarre de ne pas l'attraper."

Et malgré son schéma vaccinal complet, Abdel a donc été positif le 23 décembre dernier. S'il ne s'était pas fait tester, il serait sans doute passé à côté car ses symptômes étaient légers: à peine un rhume.

"Maintenant, je suis comme débarrassé", poursuit le quadragénaire. "Je peux circuler et rencontrer des personnes librement, je ne risque plus de l'attraper tout de suite. Je suis soulagé."

"Ouf, voilà, c'est fait"

Un soulagement d'être passé par la case Covid - et d'en être sorti sans difficulté - qu'a également observé Béatrice Voirin chez ses patients. "C'est comme un grand 'ouf, voilà, c'est fait'", remarque cette psychothérapeute à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Ce que confirme le psychologue et psychanalyste Gérard Pavy, qui consulte à Rueil-Malmaison, dans le même département. 

"La vaccination associée à une récente contamination sans gravité annule cette peur de contaminer et d'être contaminé qui pèse dorénavant sur toutes les relations du quotidien depuis le début de la pandémie", analyse-t-il pour BFMTV.com.

Plus qu'une sensation de soulagement, ce psychologue et psychanalyste y voit même un sentiment "libérateur". "C'est une question permanente en consultation, poursuit Gérard Pavy. 'Est-ce que je ne risque pas de contaminer ou d'être contaminé? Cette crainte de la contamination créé une peur qui bloque, qui paralyse et qui empêche de se projeter dans le futur." 

"Je vais enfin être tranquille" 

Une journaliste de BFMTV.com, vaccinée, s'est elle aussi sentie soulagée lorsqu'elle a découvert début janvier le résultat positif de son autotest. Car en décembre, "d'un coup, tout le monde autour de moi avait le Covid", se souvient-elle. Elle reçoit alors elle aussi presque quotidiennement des messages l'avertissant qu'elle est cas contact. 

"J'avais l'impression d'être cernée, que ça se rapprochait de plus en plus."

Pendant son séjour en famille au moment de Noël, elle enchaîne les tests par crainte d'être contaminée et de contaminer ses proches. "À chaque test, je me disais 'pourvu que je l'ai pas', j'avais tout le temps peur de découvrir qu'il était positif et que j'avais pu le donner à plein de personnes." Mais ils restent négatifs. Ce n'est que le 1er janvier que son colocataire découvre par hasard, en faisant un autotest "pour essayer", qu'il est positif. La jeune femme s'isole immédiatement et trois jours plus tard, le verdict tombe. Elle aussi est positive.

"Maintenant, plus besoin de me demander, dès que j'ai un frisson, si c'est le Covid, poursuit la jeune femme, toujours isolée chez elle en attendant le résultat de son dernier test PCR. Plus besoin de test et je ne serai plus isolée. Et je vais aussi arrêter de me sentir coupable tout le temps. Je vais enfin être tranquille pour quelques mois."

"Elle a voulu se confronter au virus" 

Ce sentiment de libération permettrait aussi de se projeter à nouveau sans la crainte, la veille d'un départ en week-end ou au matin d'un repas en famille, d'être positif. "Cela donne aussi un sentiment d'appartenance, on retrouve le groupe de ceux qui sont passés de l'autre côté, ceux qui sont passés par le Covid", ajoute Gérard Pavy. 

Imane Adimi, psychologue clinicienne et psychothérapeute à Paris et en Seine-Saint-Denis, évoque le cas d'une de ses patientes. Une mère de famille, vaccinée, dont le mari et les deux enfants ont été testés positifs en même temps. "Au début, elle a suivi les recommandations d'isolement et puis à un moment, elle a voulu se confronter au virus", évoque Imane Adimi pour BFMTV.com. Notamment pour simplifier l'organisation de la vie de famille.

"Elle se disait: 'toute ma famille va être tranquille sauf moi, autant que j'attrape le Covid et qu'on s'en débarasse'. Quelques jours plus tard, elle était positive, avec une forme sans gravité de la maladie."

Cette psychologue et psychothérapeute reconnaît que ce sentiment de soulagement reste rare. "Les personnes ne souhaitent pas avoir le Covid, on en a toujours peur, des patients sont hospitalisés, la maladie peut être très grave. Mais il arrive qu'elles soient soulagées de l'avoir eu après coup, quand la forme est restée bénigne." Mais pour Imane Adimi, le sentiment qui domine serait avant tout "un ras-le-bol généralisé de cette situation anxiogène", avec l'impression "de ne pas en voir le bout". 

"Ce qui crée une grande fatigue psychique et mentale. Personne ne pensait qu'on en arriverait à la cinquième vague."

Un soulagement de courte durée

Un soulagement de courte durée, nuance la psychothérapeute Béatrice Voirin. Certains de ses patients, infectés avant la vague Omicron, sont aujourd'hui perdus et ne savent plus quoi penser avec (...) le fait que certaines personnes semblent être contaminées plusieurs fois", explique-t-elle. 

Comme le souligne l'Inserm, "plusieurs études soulignent que six à douze mois après l’infection, la plupart des anciens malades de la Covid-19 sont encore partiellement immunisés contre le virus". Mais le risque de réinfection existe malgré tout, notamment en cas d'apparition de nouveaux variants. De quoi inquiéter certaines des personnes suivies par Béatrice Voirin. "Avec les incertitudes autour de ce virus et de la pandémie qui restent grandes, ce que j'entends beaucoup c'est: 'on verra bien'."

* Le prénom a été modifié, à la demande de l'intéressé.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Omicron "reste un virus dangereux", met en garde le patron de l'OMS

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