La “débalconisation”, symbole du délabrement des façades à La Havane

Qui a déjà eu l’occasion de se promener dans La Havane se souvient d’avoir salué ses habitants nonchalamment accoudés à la rambarde de leur balcon ou attablés autour d’une table basse en maillot de corps. La coutume pourrait progressivement se perdre à mesure que la façade des immeubles anciens se dégrade et menace ces extensions des salons de s’effondrer, rapporte le site d’opposition 14ymedio.

Le terme de “débalconisation” a fait son apparition après la Seconde Guerre mondiale dans le Berlin de la RDA, où les difficultés économiques du régime communiste empêchaient de restaurer les bâtiments touchés par les bombardements. À la différence de la ville allemande, note Yoani Sánchez, créatrice et principale contributrice du blog très critique du pouvoir castriste et des conditions de vie qu’il impose aux Cubains, la débalconisation à l’œuvre dans la capitale cubaine “n’est pas due aux projectiles d’une guerre”.

“La paresse, le manque d’entretien et l’indigence matérielle des propriétaires de nombreux immeubles ont fait perdre cet élément architectural entre glissements de terrain, fissures et étaiements.”

Une femme au balcon d’un immeuble de La Havane, à Cuba le 7 août 2018.. PHOTO / JIM BOURG / REUTERS
Une femme au balcon d’un immeuble de La Havane, à Cuba le 7 août 2018.. PHOTO / JIM BOURG / REUTERS

“Détail important dans un pays tropical”

Dans les quartiers historiques au style colonial de La Havane, de nombreux balcons sont déjà tombés, d’autres sont condamnés ou ne sont plus utilisés par les habitants, qui craignent qu’ils s’écroulent. “La capitale cubaine a perdu ses corniches et les chapiteaux fleuris de nombreuses colonnes”, écrit 14ymedio, qui relate que des morceaux de ces éléments tombent sur les trottoirs.

Beaucoup d’immeubles bâtis à l’époque de Castro ont quant à eux été construits “en passant à côté de ce détail important qu’est un balcon dans un pays tropical”.

“Des murs gris, de petites fenêtres et même pas d’espace pour étendre le linge, c’est la dure réalité de la vie dans la majorité de ces blocs de béton.”

Yoani Sánchez rêve du jour où elle fera visiter la ville à un ami étranger, quand “tout ce cauchemar du délabrement ne sera plus qu’un mauvais souvenir du passé”.

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