Le cyclisme sur route est-il devenu trop dangereux?

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Un dimanche de souffrance. Voilà ce que le Français Julian Alaphilippe, double champion du monde, a vécu lors de la classique Liège-Bastogne-Liège dimanche 24 avril, après avoir été pris dans une chute violente qui l'a poussé dans le ravin. Le cyclisme sur route est-il plus dangereux, avec un peloton de plus en plus homogène et qui roule de plus en plus vite ?

La star du cyclisme français Julian Alaphilippe a chuté en même temps qu'une partie du peloton à une soixantaine de kilomètres de l'arrivée, dans la descente menant au col du Rosier, à plus de 70km/h. Résultat des courses : fracture de l'omoplate, deux côtes cassées et pneumothorax. À cette vitesse, mordre le bitume ne pardonne pas.

« J'ai vu Julian à 5 ou 6 mètres plus bas et ça a été un choc émotionnel », a déclaré après l'arrivée son compatriote Romain Bardet, le premier à porter secours au champion du monde. Une vision d’horreur que certains n’hésitent plus à dénoncer. Alaphilippe, 29 ans, a chuté trois fois en deux mois. Il a effectué un spectaculaire soleil lors des Strade Bianche début mars en Italie, puis est de nouveau tombé, sans conséquence toutefois, dans la Flèche brabançonne le 13 avril en Belgique.

Se poser des questions

Parmi les autres victimes de la chute, le Français Dorian Godon souffre d'une fracture de la clavicule gauche nécessitant une intervention chirurgicale et une fracture du poignet droit, selon les précisions de son équipe AG2R Citroën. Un autre coureur de l'équipe Quick-Step, le Belge Ilan Van Wilder, a été blessé lui aussi dans cette chute qui le contraint à renoncer au prochain Tour d'Italie (6 au 29 mai). « Ilan a subi une opération pour corriger les dommages subis à sa mâchoire », a indiqué la formation de Patrick Lefevere. Elie Gesbert souffre, lui, d'une fracture de la hanche droite, avait aussi annoncé son équipe française, Arkea-Samsic.

Le temps de la réflexion semble s’imposer une nouvelle fois depuis cette chute spectaculaire. « Sans blâmer personne, il va falloir se poser des questions pour éviter de tels drames », confie à RFI Benoît Vaugrenard, ancien coureur et désormais directeur sportif chez Groupama-FDJ. Celui qui compte six participations au Tour de France pense que les oreillettes rendent la course toujours aussi dangereuse, mais pas que.

« Aujourd’hui, il y a beaucoup d’enjeux, les équipiers sont de plus en plus forts pour placer leurs coureurs à l'avant et on sait que ça roule très vite, explique Benoît Vaugrenard. Je connais la descente où la chute a eu lieu et ce n’est pas dangereux en soi. Mais comme c’est un point stratégique de la course et que le peloton est encore assez conséquent, alors tout le monde veut être bien placé. Et avec les oreillettes, on met plus de pression aux coureurs pour se retrouver en tête du peloton. » Comme dans une bouteille d’eau d’un litre, on ne peut pas en mettre deux. Cent coureurs ne peuvent pas non plus se retrouver en tête de course avant d’aborder le col du Rosier. Avec un peloton qui roule de plus en vite, et qui reste compact plus longtemps, les organisateurs sont-ils invités à changer les points stratégiques du parcours de la course ?

Plus de tension dans le peloton

« Les équipes sont très fortes et le peloton reste groupé une grande partie de la course. Il y a quelques années, la course se décantait plus vite et forcément, aujourd’hui, il y a plus de tension », estime Benoît Vaugrenard, qui en aucun cas ne veut « accabler » les organisateurs. « Il faut se réunir autour d’une table pour trouver des solutions », avance-t-il.

Victime d’une chute très violente sur la troisième étape du Tour de France en juillet 2015, William Bonnet avait été projeté sur le bitume et percuté par plusieurs cyclistes. La course avait été stoppée. À la retraite depuis cet hiver, le Français de 39 ans n’est pas surpris par la répétition des chutes massives à plus de 70 km/h. Dans les colonnes du Parisien, il insiste lui aussi sur le rythme du peloton « plus élevé qu’avant ». « On a moins de respect les uns envers les autres dans les nouvelles générations. Tout ça augmente le risque », s’inquiète-t-il.

« Parfois, il faut savoir accepter son placement dans la course (...) Maintenant, tout le monde se faufile au milieu de tout le monde. Certains sont prêts à tout pour passer », se désole Romain Bardet dans un entretien à L'Équipe.

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