Cyclisme : Roger Pingeon, la mort d'un maillot jaune écorché

Libération.fr
Roger Pingeon, vainqueur du Tour de France 1967 avec des équipiers ligués contre lui.

Le vainqueur du Tour de France 1967, emporté ce dimanche à 76 ans, était tombé dans l’oubli. La faute à un caractère entier.

Coincé quelque part entre Jacques Anquetil et Eddy Merckx, il y a Roger Pingeon. Un coureur cycliste tombé dans un trou noir, un interstice de cinq ans entre deux règnes de quintuples vainqueurs du Tour de France et qui remporta le sien en 1967, sans rien demander à personne, ce qui n’était pas des manières, enfin ! Le milieu du vélo lui fit payer son indépendance par une chape d’oubli, à laquelle il répondait par le mépris d’un peloton hypocrite. Au fond, il ne s’y était jamais fait. Pingeon était revenu sur le Tour assez furtivement, consultant pour la télé, française mais surtout suisse, de l’autre côté de la frontière. On le disait «sauvage». «Un ours», pour ceux qui essayaient de lui parler derrière des barreaux. Il est mort d’une crise cardiaque dans la nuit de samedi à dimanche, à Beaupont, son domicile dans l’Ain, à l’âge de 76 ans. Après le Suisse Ferdi Kübler (lauréat en 1950) et Roger Walkowiak (1956), le monde du vélo perd son troisième maillot jaune en trois mois.

Pingeon n’avait rien compris au jeu des courbettes et trahisons. Dès sa deuxième saison chez les professionnels, en 1966, il a quitté le Tour de Corse et le Critérium du Dauphiné avant l’arrivée, fâché avec sa propre équipe. Des «crises morales profondes», résume Pierre Chany, l’historien du vélo dans sa Fabuleuse histoire du Tour de France. Raphaël Géminiani, directeur sportif de Jacques Anquetil, faiseur de mythes et garant d’une autorité immuable dans le cyclisme, coupe Pingeon en deux : «Une tête de cochon.» L’hôpital qui se moque de la charité… Chany corrige : «S’il était propice à la dérobade, c’est parce que l’injustice le hérissait et qu’il refusait par ailleurs la médiocrité.»

Pagaille en équipe de France

L’injustice est son bonbon au poivre du Tour 1967. Cette année-là, Pingeon remporte la plus grande course au monde mais se fait flinguer de toutes parts. (...)

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