Cyclisme - Médias - Documentaire d'ESPN : Lance Armstrong s'excuse mais éreinte Floyd Landis

L'Equipe.fr

Dans la seconde partie du documentaire qu'ESPN lui a consacré, Lance Armstrong s'excuse à demi-mot pour son comportement durant sa carrière, écorche Floyd Landis, compare sa réputation à celle de Marco Pantani et se demande comment il réagirait s'il apprenait que son fils Luke se dopait. Si la première partie du documentaire ESPN consacré à Lance Armstrong se penchait sur l'ascension de l'Américain, la seconde moitié du film, diffusée la nuit dernière, raconte sa chute. Fidèle à sa réputation, le coureur, déchu de ses sept victoires sur le Tour de France, s'y excuse pour le comportement qu'il a eu durant sa carrière, tout en critiquant son ancien équipier Floyd Landis. « La manière dont je me suis comporté, en tant que leader d'un sport, d'une cause, d'une communauté... c'est inexcusable, y déclare-t-il. Mon comportement a été totalement inapproprié. J'ai profité de ma position, et pour cela, je suis profondément désolé. » Mais ses regrets ne sont que très relatifs, car si Armstrong répète sa volonté de « passer à autre chose », il précise que « ce qui compte, c'est comment tu arrives à vivre avec ça ». « Est-ce que tu arrives à dormir, la nuit ? Pour ma part, oui. » Pour se rassurer, le Texan, qui avait révélé avoir commencé à se doper à 21 ans, déclare : « Ça pourrait être pire, je pourrais être Floyd Landis et me réveiller tous les matins en me sentant comme une merde », preuve de sa rancune tenace envers l'homme qui a aidé les instances antidopage à le faire chuter. « Je ne pense pas cela : je le sais », insiste-t-il. Landis, lui, dit espérer que « Lance puisse changer et trouver un peu de paix ».

Par ailleurs, Armstrong estime être stigmatisé au même titre que Marco Pantani et Jan Ullrich, et regrette que certains coureurs dopés - Ivan Basso, George Hincapie, cite-t-il notamment - aient pu se refaire une réputation. « En Italie, Basso est comme tout le monde, alors que Pantani s'est fait détruire dans la presse, dit-il. Ils l'ont viré du cyclisme, et il est mort. » « Et aux États-Unis, ajoute-t-il, Hincapie est glorifié, on lui offre des jobs, il est invité aux courses, on achète ses merdes. Et moi, on me détruit. Quelle connerie. » L'Américain se force à ignorer qu'il a intimidé les lanceurs d'alerte, refusé de coopérer avec l'agence américaine antidopage et bénéficié de soutiens haut placés durant sa carrière. Enfin, c'est le fils d'Armstrong, Luke, footballeur à l'université de Houston, qui s'exprime au sujet du dopage de son père. « J'ai toujours eu l'impression de me battre pour obtenir quelque chose, et travailler pour un but spécifique a toujours plus de valeur que de prendre un raccourci, explique-t-il. J'ai aussi l'impression que si je (me dope) et que je me fais prendre, vu de l'extérieur, tout le monde dira : "il est juste comme son père". » Lance, lui, assure que si son fils se dopait à l'université, cela serait « une mauvaise idée ». « En NFL, c'est autre chose, ajoute-t-il. Mais à ce moment de sa carrière, cela n'en vaut pas la peine. »