Une cyberattaque de grande ampleur a frappé l'Office national des anciens combattants

Soldats français lors d'un défilé du 11-Novembre (photo d'illustration) - LIONEL BONAVENTURE / AFP

L'Office national des anciens combattants a été visé en décembre par une cyberattaque, selon des informations de BFMTV. Plusieurs sources accusent la Russie et des experts estiment que Moscou veut utiliser des membres de l'armée française comme relais du Kremlin.

La France ciblée par Moscou? Alors que la France est victime de cyberattaques depuis plusieurs semaines, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre est touché à son tour. Les hackers se sont attaqués aux serveurs, aux logiciels, aux bases de données de l’ONACVG.

Cela a pris un mois aux services des armées pour enrayer cette attaque mais c’est la première fois qu’une entité du ministère des armées est attaquée de cette façon.

Les données de militaires français dans le viseur de Moscou

Selon les informations de BFMTV, les hackers se sont approchés de très près d'un fichier sensible : celui de la carte du combattant. L’Office a porté plainte, l’enquête est en cours et le ministère ne communique pas officiellement sur ce point-là.

Le document est actuellement détenu par "plusieurs centaines de milliers de personnes en France" et contient des "données personnelles", selon le colonel Michel Goya, consultant Défense pour BFMTV.

Grâce aux informations contenues dans le fichier, notamment les numéros de téléphone de combattants et anciens militaires, les Russes auraient pu entrer en contact avec des membres de l'armée française.

De quoi inquiéter la Grande Muette. Le vice-amiral Patrick Chevallereau tire la sonnette d'alarme en évoquant "d'anciens militaires français (qui) contribuent aux intérêts du Kremlin", dans une tribune publiée jeudi dans Le JDD.

De hauts gradés comme relais du Kremlin

Parmi les hommes soupçonnés d'entretenir des liens étroits avec Moscou : le colonel Jacques Hogard, très actif sur les réseaux sociaux et qui partagent régulièrement des tweets de l'ambassade de Russie en France, ou encore le colonel Alain Corvez qui faisait partie des observateurs envoyés dans le Donbass, dans l'est de l'Ukraine, pour superviser les référendums d'annexion organisés par la Russie et dont la validité a été largement remise en question par de nombreux experts.

On compte encore le lieutenant-colonel de la gendarmerie et membre du Rassemblement national (RN) Jean-Michel Cadenas. Le militaire n'a pas hésité à publier un message sur Twitter dans lequel il affirme que l'ambassadeur de France en Ukraine avait démissionné, ce qui était complètement faux.

L'ancien militaire Xavier Moreau, devenu porte-parole du Kremlin, s'ajoute également à la liste. Devenu citoyen russe, selon Challenges, il s'est fait le relais du discours de Vladimir Poutine via une chaîne Youtube, fermée fin 2022.

Une "crédibilité technique" pour la Russie

Mais pourquoi un tel recrutement dans les rangs de l'armée française ? Selon certains experts, ces militaires servent de porte-voix à Moscou. "Ça donne une certaine crédibilité technique militaire à laquelle on accorde une forme de légitimité à un agenda caché qui sert parfois volontairement ou involontairement les intérêts du Kremlin", estime auprès de BFMTV Patrick Chevallereau, membre de l'institut Open Diplomacy.

La cyberattaque russe est encore un nouvel exemple de la guerre hybride menée par Moscou.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - D'anciens militaires français ont-ils été approchés par les Russes pour devenir agents d'influence ?