Culture : qui va rouvrir, qui va mourir ?

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La nuit culturelle a trop duré, et la répétition de la nuit rendrait fou n’importe qui.

La parabole de l’Évangile selon Saint Matthieu pourrait être servie aujourd’hui aux spectateurs et aux créateurs : " Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi va-t-on le saler ? " Dieu vomit les tièdes et Marianne vilipende les fades. Un seul ingrédient vous manque et tout est aplati, appauvri, affaibli. Le manque culturel, on le croirait, dans ses effets, amoureux : il nous dévore. Il n’a plus l’allure d’une menace ni même l’élan d’un cri. Cette voix gémissante, cette messe maussade, est l’air du temps. Il ne faudrait pas que l’abstinence devienne une religion, l’absence une habitude, la résignation un refrain. Ce n’est pas encore un abandon, c’est un silence à sa façon assourdissant. Or la France vit des sens. Longtemps on est allés vers le beau comme on va à la fontaine. Le sublime fut notre supplique. Ça laisse des traces plus profondes que les effets de mode ou de manches. Longtemps on s’est levés tôt et couchés tard pour la grandeur. Peu importe le puits, pourvu qu’on ait l’ivresse. Ici, on s’abandonne. La sensation est notre prière, quotidienne et laïque. On exige beaucoup : un peu de fièvre. Vivre ne va pas sans vertige, et si notre corde sensible cesse de vibrer, le cœur de tout un pays se plaint ! On se sent comme un enfant soudain privé de son plus beau jouet. Le courant est coupé. La joie ne passe plus et l’émoi ne pousse pas sur les...

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