Cuba: l'opposition maintient son appel à manifester malgré l'interdiction du pouvoir

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À Cuba, l'opposition maintient son appel à manifester le 15 novembre. Trois mois après un mouvement de colère historique, le gouvernement cubain a refusé mardi 12 octobre d'autoriser cette marche pacifique. Le régime accuse les organisateurs de vouloir provoquer un changement de régime avec le soutien de Washington.

L'opposition à Cuba a maintenu mardi son appel à manifester le 15 novembre, malgré l'interdiction. Le gouvernement dénonce une « provocation » de l'opposition, affirmant que les organisateurs de la manifestation sont soutenus par Washington pour entraîner un changement de régime.

Des accusations rejetées en bloc par le metteur en scène Yunior Garcia, l'un des animateurs de la plateforme Archipielago, à l'origine de la marche et qui réunit des gens de tous bords politiques, explique t-il, joint par RFI. Il revendique en premier lieu une marche contre la violence, « la violence de ces derniers temps, notamment celle du 11 juillet dernier ».

Le dimanche 11 juillet, Cuba a vécu une journée historique. Des manifestations inédites ont eu lieu dans tout le pays aux cris de « Liberté » et « À bas la dictature ». « Le président cubain a sonné la charge, poursuit Yunior Garcia, ils ont fait sortir les paramilitaires dans les rues, armés de bâtons et de pierres pour frapper les citoyens qui manifestaient. Il y a eu des violences ce jour-là, mais seuls ceux qui manifestaient contre le gouvernement ont été arrêtés. Les sympathisants du gouvernement, eux aussi, ont été violents, ont jeté des pierres, et ont au contraire été présentés comme des héros à la télévision nationale », a-t-il dénoncé.

L'opposition réclame un dialogue

Six autres provinces (sur 15), Holguin, Cienfuegos, Pinar del Rio, Las Tunas, Santa Clara et Guantanamo, appelaient également à défiler « contre la violence », pour « la libération des prisonniers politiques » et pour « le changement ». Deux aspects soulignés par Yunior Garcia : « Il s'agit d'une marche pour la libération des prisonniers politiques. Nous manifestons pour que tous les droits de tous les Cubains soient respectés, ceux qui se trouvent à l'intérieur de l'île, mais aussi ceux qui vivent en exil et qui ont pratiquement été expulsés de leur terre natale. Et la dernière chose, c'est notre volonté de résoudre les conflits, cette crise politique, économique et sociale, par des moyens démocratiques et pacifiques, et non par la force. C'est-à-dire par un dialogue honnête et constructif, par un référendum, par tout moyen n'impliquant pas d'effusion de sang ni de violence ».

La manifestation était prévue initialement le 20 novembre, mais la semaine dernière, le gouvernement a décrété ce jour-là « Jour national de la Défense », précédé de deux journées d'exercices militaires. « On ne pouvait pas être irresponsables, on ne voulait pas de violence, on ne voulait pas que les Cubains s'affrontent entre eux et on ne pouvait pas lancer les manifestants dans un combat dans la rue contre l'armée, qui pouvait réagir de façon violente », explique Yunior Garcia. La manifestation a donc été avancé au 15 novembre, jour de la réouverture de l'île au tourisme international.

Ecoutez l'interview en espagnol dans son intégralité ici

Une interdiction de manifester significative

Washington a réagi en appelant « le gouvernement à La Havane à respecter les libertés et les droits fondamentaux du peuple cubain ». « L'interdiction d'une manifestation pacifique nous rappelle qu'il y a un peuple cubain qui paie très cher son combat pour la liberté, son combat pour la dignité », a estimé son porte-parole Ned Price.

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