Cuba approuve les 32 premières petites et moyennes entreprises privées

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Ce premier feu vert intervient une dizaine de jours après avoir appliqué une réforme très attendue. Jusqu'à présent, la seule manière de travailler dans le privé était d'être un travailleur indépendant.

Le ministère de l'Économie de Cuba a annoncé mercredi 29 septembre avoir approuvé les 32 premières petites et moyennes entreprises privées, ainsi que trois publiques.

Après des années d'attente qui faisaient perdre espoir à certains, le gouvernement communiste a en effet approuvé l'existence des petites et moyennes entreprises, qui peuvent être publiques comme privées, et relancé les coopératives non agricoles, en pause depuis quatre ans.

Parmi ces 32 premières structures, on trouve 13 PME de production alimentaire, six dans la manufacture, trois liées à des activités de recyclage et trois dans les nouvelles technologies. Et vingt d'entre elles sont des reconversions de travailleurs à leur compte, jusque-là l'unique manière de travailler dans le secteur privé.

Dans un contexte de crise économique, la création de PME pourra notamment donner un cadre juridique plus adapté à ces indépendants, explique Stéphane Witkowski, président du Conseil d'orientation stratégique de l'Institut des Hautes études de l'Amérique latine. « Elles permettront, d’une part, à étendre à de nouvelles activités dans des secteurs considérés comme prioritaires, comme la production d’aliments, le développement local, l’économie circulaire. Et cela permet aussi, à un certain nombre de Cubains, d’employer des salariés dans des conditions plus souples, sachant quand même que certaines contraintes demeurent, en particulier tout ce qui est lié à l’import-export par des structures d’État, puisque, d’autre part, l’accès au financement demeure toujours très difficile. En effet l’emprunt bancaire notamment, mais c’est aussi lié au contexte géopolitique, à l’embargo et au dispositif des mesures qui avaient été prises par l’administration Trump et qui sont restées en vigueur ».

À Cuba, les entreprises privées avaient disparu en 1968, quand Fidel Castro a commencé à appliquer le modèle étatique soviétique et les a nationalisées. Mais il a dû faire marche arrière à la disparition du bloc communiste et admettre à partir de 1990 le travail privé, les investissements étrangers et l'ouverture au tourisme international.

« Le gouvernement considère donc le secteur privé comme un des leviers de développement économique, même si l’entreprise publique reste toujours la pierre angulaire de l’économie cubaine », précise Stéphane Witkowski.

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