Avec “Cruella” sur Canal +, Disney s’applique à rendre ses méchants plus gentils

L'actrice Emma Stone dans le rôle de
L'actrice Emma Stone dans le rôle de

L'actrice Emma Stone dans le rôle de "Cruella", au cinéma le 23 juin 2021. (Photo: DISNEY ENTERPRISES)

CINÉMA - Finalement, les méchants seraient-ils tous gentils? Le film de Disney Cruella, réalisé par Craig Gillespie, est diffusé ce vendredi 29 avril sur Canal+. Incarnée par l’actrice Emma Stone, la méchante des 101 Dalmatiens y dévoile les raisons de sa folie et de son antipathie dans une intrigue toute aussi saisissante qu’émouvante.

En rencontrant la baronne von Hellman qu’elle admire tant, Estella, qui deviendra Cruella, se fait un nom dans le milieu de la mode. Mais la jeune femme ne se laisse pas marcher dessus et ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Une histoire à première vue banale, mais finalement surprenante.

La figure de la méchante se révèle être un personnage ayant vécu des atrocités, expliquant alors ses actions machiavéliques. Un aspect cinématographique également présent dans le Joker réalisé par Todd Philipps, dans lequel on retrouve un homme devenu violent à cause du harcèlement subi depuis son enfance.

La figure novatrice du méchant chez Disney

Disney, depuis son premier long-métrageBlanche-neige et les sept nains, n’a cessé de représenter ses méchants comme étant des cibles à combattre. Désormais, les fans de Cruella et Maléfique ont leur revanche. Les films d’animation ont tendance à ne plus vouloir représenter leurs protagonistes comme étant juste gentils ou bien méchants.

Selon Sébastien Durand, spécialiste de l’univers Disney, ce sont les scénarios qui ont évolué au rythme de notre société. “On ne s’intéressait jamais à l’origine des méchants. Ce sont les scénarios qui ont acquis une grande complexité aujourd’hui, même les princesses ne sont plus si ‘simplistes’. Nous ne sommes plus dans cette binarité entre le bien et le mal”, affirme-t-il au HuffPost.

Après Maléfique, Cruella vient confirmer la volonté de Disney de dédiaboliser ses méchants, mais l’évolution de nos sociétés n’est pas la seule raison de ce retournement de situation.

“L’influence de Ghibli sur les animateurs de Disney et Pixar a apporté une réflexion sur le basculement du gentil au méchant dans les films d’animation. Le méchanceté se forme à cause du déséquilibre. Cruella comme Maléfique ne sont pas nécessairement destinées à être mauvaises, elles le deviennent parce qu’elles ont subi une forme d’injustice”, affirme Sébastien Durand.

L’essentiel de la peur envers ces personnages résidaient dans leur laideur, mais désormais Disney tend à vouloir représenter le méchant comme une personne lambda, ne paraissant en aucun cas diabolique. “Il y a une volonté d’expliquer aux enfants que le mal peut se cacher là où il ne semble pas être, à l’instar de Zootopie, ou encore du film d’animation Vaiana: La Légende du bout du monde dans lequel une force de la nature se révèle être la méchante de l’intrigue”, affirme le spécialiste.

Devenir méchant à cause d’un autre méchant

Mais pour raconter comment une héroïne est passée du côté obscure contre son gré, Disney ne trouve pas mieux que de trouver une autre figure de méchant pour justifier les choix de son personnage principal, à l’instar de Cruella. Dans Maléfique, il y a cette même caractéristique: c’est en réalité la reine qui a été odieuse avec elle auparavant. “A partir du moment où Disney cherche à ‘excuser’ un méchant, on en réintroduit un autre pour créer une tension narrative”, explique Sébastien Durand.

En parallèle, Cruella montre aussi la récente mise en avant des rôles féminins en tant que personnages principaux des long-métrages Disney. Les méchantes sont aujourd’hui représentées comme des femmes indépendantes qui ont gravi les échelons. Toutefois, elles sont mal perçues par la société en raison de leurs transgressions aux codes traditionnels. Un retournement de situation promettant un regard novateur dans de futurs intrigues, dont la partie 2 de Cruella sur laquelle planche déjà le réalisateur du film, selon The Hollywood Reporter.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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